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L’UE veut parler avec Bouteflika et elle n’est pas satisfaite par le fait de dialoguer simplement avec Sellal

Actualité - Accord Algérie UE - 25 Aoû 2016 à 11:06

Geoff Porter dirige la société North Africa risk consulting, spécialisée dans l’analyse des risques politiques et sécuritaires en Afrique du Nord. L’expert américain revient sur la polémique engendrée par l’article de Politico dans lequel il a été question des relations entre l’Union européenne et l’Algérie. Entretien. Dans l’article de #Politico vous évoquez le problème que rencontrent les entreprises étrangères en matière de transfert de devise. Quelles autres difficultés peuvent rencontrer les investisseurs étrangers en Algérie ? Ma remarque faite dans le cadre de l’article publié par Politico concernant la difficulté pour les entreprises de faire sortir de l’argent hors d’Algérie fait référence aux limites en termes de création de bénéfices. Mais si une entreprise respecte les règles établies en #Algérie pour les investisseurs étrangers et si elle participe au projet national algérien alors ces entreprises peuvent satisfaire leurs intérêts commerciaux et leurs actionnaires. Pour ce qui est des autres difficultés que ces investisseurs étrangers peuvent rencontrer, on peut penser à la mauvaise compréhension du désir algérien de protéger ses propres intérêts nationaux. Je pense que l’Union européenne souhaiterait parfois dicter ce que devraient être les règles appliquées aux investissements étrangers au lieu de laisser à l’Algérie, en tant que pays souverain, établir ce qui conviendrait à ses propres intérêts. Êtes-vous d’accord avec l’affirmation que l’Algérie est l’un des marchés énergétiques les moins attractifs ? Non. Je pense que l’Algérie a beaucoup de potentiel. Si on se place dans la position d’un investisseur, qu’on comprend l’environnement dans lequel on veut investir et qu’on a l’opportunité de satisfaire les intérêts de son entreprise et la volonté de participer au projet algérien alors tout dépendra du secteur. Il y a certains secteurs qui sont plus attractifs que d’autres. L’environnement d’investissement en Algérie est similaire, si ce n’est mieux, que d’autres environnements d’affaires en termes de marché des hydrocarbures. En plus de cela, il y a aussi d’autres secteurs intéressants comme les télécommunications, le secteur pharmaceutique, l’agro-alimentaire, et d’autres secteurs qui émergent, comme l’automobile. Ces derniers sont attractifs pour les investisseurs. Pensez-vous que le climat des affaires devient moins favorable aux investisseurs étrangers ? Non, c’est exactement l’opposé. Et c’est justement le problème de l’article de Politico car il ne considère pas l’Algérie de ces dernières années. Je travaille sur l’Algérie et je conseille les entreprises qui veulent investir en Algérie depuis 2004 et le climat de l’investissement est meilleur. Je pense que cela va continuer ainsi. Vous pensez que les responsables algériens veulent être plus flexibles en matière de réglementation des investissements étrangers ? Oui. Il suffit de voir le premier ministre, Abdelmalek #Sellal, le ministre de l’Énergie, Noureddine Bouterfa et le ministre de l’Industrie, Abdesselam Bouchouareb. Ils ont tous montré leur intérêt pour les investissements étrangers en provenance de l’Union européenne mais aussi des États-Unis. Ils sont conscients des besoins de l’Algérie et de ce que recherchent les investisseurs étrangers. Mais à la fin, ces trois responsables travaillent pour l’Algérie donc ils doivent considérer ce qui est important pour le peuple algérien, pas seulement dans l’immédiat mais aussi durant les dix à vingt prochaines années, et trouver un équilibre entre les intérêts nationaux et les intérêts étrangers, que ce soit l’UE ou les USA. Comment réagissez-vous au propos du ministre algérien des Affaires étrangères qui explique que les déclarations faites dans l’article de Politico ne correspondent pas à la réalité algérienne ? Je pense qu’il a raison. C’est clair que les autres personnes citées dans l’article n’ont pas passé beaucoup de temps en Algérie, ni n’ont été en contact avec les décideurs algériens. L’article explique que l’Algérie est vulnérable à la menace d’Aqmi et Daech mais ce n’est pas vrai. Aqmi est très diminué, il reste certain membres dans les environs de Tizi Ouzou, et Daech n’existe pas dans le pays. Donc dire que l’Algérie peut s’effondrer ou devenir comme la Libye est faux. Concernant l’Union européenne et l’Algérie, quelles sont les garanties pour le pays étant donné que les deux parties ont déjà signé un accord d’association en 2002 ? Ce que l’#UE voudrait c’est que l’Algérie soit un fournisseur de matières premières donc qu’elle exporte du gaz naturel et que l’UE puisse ensuite transformer ce gaz en produit à valeur ajoutée pour produire de l’électricité ou des produits pétrochimiques, par exemple. Et je pense que ce que veut l’Algérie, c’est exporter des produits à valeur ajoutée et pas seulement des matières premières. Peut-être investir dans des centrales électriques en Europe et produire de l’électricité pour le marché européen ou développer le marché pétrochimique domestique grâce au gaz naturel et vendre les produits pétrochimiques à valeur ajoutée au marché européen. Donc il y a une forme de décalage entre l’Union européenne qui veut des matières premières et l’Algérie qui se rend compte que c’est dans l’intérêt national d’aller vers la production de produits à forte valeur ajoutée. En Algérie, il est toujours référence au fait que l’accord avec l’UE bénéficie davantage à la partie européenne. Quel est votre avis sur le sujet ? Je ne suis pas familier avec ce sujet spécifique. Mais je pense que c’est souvent le cas lorsqu’il y a ce genre d’accord. L’avantage tourne généralement pour le marché consommateur de matières premières que pour le producteur de matières premières. Ce dernier dépend souvent des fluctuations des prix des matières premières alors que le consommateur peut se fournir sur plusieurs marchés différents. Ici, si l’accord tourne autour des hydrocarbures, alors cela bénéficie à l’UE et non à l’Algérie. De quelles manières l’UE peut-elle aider l’Algérie à diversifier son économie ? La première est de ne pas faire de commentaires tels que ceux publiés par Politico. Ensuite, ils peuvent aider avec le transfert de technologies, notamment pour la récupération assistée du pétrole, aider le développement d’infrastructures pétrochimiques et aider aussi le développement de l’industrie automobile, ce qu’on voit actuellement avec Mercedes. De manière générale, encourager une diversification économique en Algérie qui soit bénéfique pour le pays et pour l’UE. Pourquoi l’UE attend un changement de régime en Algérie ? Est-ce parce que Bouteflika n’est pas d’accord avec les propositions faites par les différents représentants de l’UE ou bien tout simplement parce qu’il y a une vacance du pouvoir ? C’est probablement un peu des deux. Je pense que l’UE veut parler avec le président #Bouteflika et qu’elle n’est pas satisfaite par le fait de dialoguer simplement avec le premier ministre Sellal, ou d’autres membres du gouvernement. Source : www.tsa-algerie.com
La révision vise à «évaluer l’incidence» économique et commerciale
La révision de l’Accord d’#association entre l’Algérie et l’Union européenne (UE), entré en vigueur il y a dix ans, vise à «évaluer l’incidence» économique et commerciale de cet #accord, aussi bien en #Algérie que dans l’espace communautaire, a affirmé la haute représentante de l’#UE aux Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini. «Les objectifs de l'évaluation doivent encore être définis par les deux parties, mais il s'agirait d'évaluer l'incidence de l'accord aussi bien dans l'UE qu'en Algérie, notamment d'un point de vue économique et #commercial», a-t-elle écrit dans sa réponse, publiée jeudi soir, à une question de l’eurodéputée française, Torkia Saïfi, sur les objectifs poursuivis par l'Algérie et l'UE dans la révision de l'Accord d'association. Selon la chef de la diplomatie européenne, «il pourrait être pertinent, aux fins de cette évaluation, de mener des études préalables concernant l'Accord d'association et son incidence». «Des études techniques complémentaires pourraient être réalisées conformément aux termes de référence définis par les deux parties dans le cadre de cet exercice», a-t-elle encore précisé. La demande de l'Algérie, a-t-elle poursuivi, vise à mener une évaluation commune de l'accord, dix ans après son entrée en vigueur, soulignant que l’Algérie et l’UE «définiront les modalités et les objectifs de l'exercice commun d'évaluation». L'Algérie a saisi, il y a quelque mois, la haute représentante de l'UE pour demander officiellement l'ouverture de discussions sur une évaluation conjointe objective de la mise en œuvre de l'Accord d'association. La demande adressée par l'Algérie à la chef de la diplomatie européenne a été accompagnée d'un argumentaire réalisé par un groupe de travail interministériel expliquant la requête algérienne et ses motivations. La visite de la chef de la diplomatie européenne en Algérie, en septembre 2015, a été mise à profit par les responsables algériens pour expliquer et sensibiliser la partie européenne sur l'opportunité et le bien-fondé de cette évaluation commune et sur la légitimité de la position algérienne. L’ambassadeur de l'UE à Alger, Marek Skolil, a marqué, il y a quelques jours, la disponibilité de l’Union à discuter des propositions de l’Algérie dans le cadre du «processus de réévaluation conjointe de fonctionnement de l’Accord d’association». Après une première réunion tenue en décembre dernier à Bruxelles, les deux parties se sont donné rendez-vous à Alger en mai, alors qu’un troisième round de négociations est programmé au cours du deuxième semestre de l’année 2016. Source EL WATAN
03 Avril 2016 à 09:49

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