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Un “processus de consensus” à défaut d’un “candidat du consensus” ?

Actualité - Chronique - 21 Dec 2018 à 13:37

Ont-ils vraiment tenu cette réunion ? Il y aurait des raisons d’en douter dès lors que certains d’entre eux l’ont formellement démenti. Mais il y a autant de raisons de croire que le conclave a bel et bien eu lieu et que le démenti, ici, n’a qu’une seule fonction : garder le secret bien au chaud. Car il est parfaitement conforme aux mœurs politiques du sérail de traiter dans l’ombre des questions cruciales qui engagent le peuple et le pays. Et il n’est pas de bonne presse de l’avouer.Quel serait donc ce secret que les membres du quatuor appelé “Alliance présidentielle” voudrait maintenir à l’abri des regards ? Une seule certitude : l’#élection #présidentielle est le seul sujet susceptible de justifier qu’un sommet de quatre partis soit entouré d’un tel mystère. Il devait être question d’une décision pour le moins lourde pour que soit justifié un tel black-out. On peut donc penser que l’on a parlé, non pas du scrutin présidentiel en vue de la mise en place d’une stratégie électorale qui permettrait au “candidat de l’Alliance” de l’emporter, mais plutôt de la gestion de l’opération succession. Il s’agirait, donc, de concocter une tout autre démarche. Le moment est sans doute venu de trancher définitivement entre l’option du 5e mandat et celle du “plan B”. Peut-être serait-on déjà au stade de la définition précise de ce “plan B”, voire de sa mise en route qui serait ainsi lancée hier depuis la résidence présidentielle de Zéralda. Le lieu choisi pour la tenue de cette réunion “secrète” n’est d’ailleurs pas fortuit. Il confère, en effet, un cachet présidentiel à la démarche. De là à faire valoir l’idée que celle-ci est d’inspiration bouteflikienne, il n’y aura qu’un pas qui, le moment venu, sera franchi. Et c’est supposé “légitimer” ce qui aura été convenu depuis hier, c’est-à-dire le “le plan B”.Ce plan consisterait en le choix du successeur ou en quelque “processus politique” qui permettrait au régime de faire d’une pierre deux coups : éviter l’écueil du 5e mandat et s’assurer de “la continuité” selon un mode opératoire consensuel. À défaut du traditionnel et classique “#candidat du #consensus”, on aurait droit, pour 2019, à “un coup de force consensuel”. Ce qui revient presque au même. Quelle forme prendrait celui-ci ? Si l’option du report de l’élection paraît trop osée, il ne faut pas oublier que rien n’est scandaleux aux yeux des gardiens du système politique algérien.Il suffira juste de formaliser le processus convenu. La “conférence nationale” déjà proposée par un membre de l’Alliance pourrait convenir pour ce faire.
Point de vue : Pour la sauvegarde de la patrie
 L’avenir proche de la patrie est très certainement en danger. Ce qui relevait de la prévision, il y a quelques années, est aujourd’hui une réalité vécue par la majorité des Algériennes et des Algériens. Ce qu’il y a lieu de faire face à une telle situation découlera d’un diagnostic de la situation de la patrie, aujourd’hui et demain. Alors, il sera possible de définir les remèdes et les modalités de les administrer.Aujourd’hui, la patrie souffre de problèmes au niveau de la société, du système de pouvoir et ses conséquences sur les institutions ainsi qu’au niveau de l’économie nationale.La société souffre de cinq maux qui lui sont propres, plus l’influence dangereuse des réseaux sociaux.Ces cinq maux sont : la perte de la morale collective ; la violence qui devient l’instrument privilégié de règlement de conflits entre les individus, entre les groupes d’individus et même entre les groupes d’individus et l’Etat ; la corruption généralisée ; l’individualisme«Akhti rassi» ; le fatalisme «Allah ghaleb». Ajouter à cela, l’influence négative des réseaux sociaux.D’où, le premier pas vers la sauvegarde de la patrie commence par l’élaboration et la mise en œuvre d’un programme pour remédier aux cinq maux et pour intérioriser la citoyenneté «mouwatana» chez chaque citoyenne et chaque citoyen.Le système de pouvoir se décrit par trois caractéristiques : l’autoritarisme, le patrimonialisme et le paternalisme.L’autoritarisme : «Vous êtes avec moi en applaudissant, sinon je vous considère contre moi et je mobilise tous mes moyens pour vous faire taire.» Alors, la haute hiérarchie n’est pas informée sur la situation réelle de la patrie, dans la mesure où elle n’entend que ceux qui l’applaudissent.Le patrimonialisme est un système qui se reconnaît par la présence d’un chef entouré de cercles de courtisans qui se font la guéguerre pour plaire au chef afin de bénéficier de ses gratifications. Cela peut être un poste important, un projet ou un prêt… Mais ils considèrent la société comme arriérée, non apte à la politique. Alors, il se crée un gap énorme entre gouvernants et gouvernés.Le paternalisme, c’est la présence d’un chef qui se considère comme le père du peuple ; donc «ma relation avec ‘‘mon peuple’’ doit être directe, sans intermédiaire». Consciemment ou non, il affaiblit les institutions intermédiaires (Parlement, gouvernement, administrations). D’où, l’affaiblissement des institutions.En plus de ces trois caractéristiques du système de pouvoir, il faut prendre en considération la rente et la prédation dans l’utilisation de la rente ; ce qui mène vers un Etat déliquescent.L’Etat déliquescent se définit scientifiquement par cinq critères :– l’institutionnalisation de l’ignorance et de l’inertie : moins vous possédez de savoir scientifique, moins vous êtes capable d’engagement plus vous avez de chance de gravir les niveaux élevés de la hiérarchie de l’Etat ;– le culte de la personnalité ;– l’institutionnalisation de la corruption. Celle-ci devient partie intégrante du fonctionnement des institutions ;– un nombre très restreint d’individus prennent les décisions stratégiques à la place des institutions habilitées ;– l’émiettement des clans au sommet de la hiérarchie de l’Etat.Malheureusement, ces cinq critères sont présents dans le fonctionnement du système de pouvoir algérien. Nous sommes bien dans un Etat déliquescent.D’où la nécessité de changement de tout le système de gouvernance, et pas seulement, le changement des individus.L’économie nationale avait connue une situation d’aisance financière exceptionnelle pendant plusieurs années :– des réserves en devises couvrant trois années d’importations sans besoin d’exporter ;– une dette extérieure presque nulle ;– un fort excédent budgétaire ;– un taux d’épargne de 50% du PIB, c’est-à-dire que quand il y a une production de 100 DA ; 50 DA étaient épargnés ;– un taux de thésaurisation de 20%, c’est-à-dire que sur 100 DA produits, 20 DA restaient dormants ;– une surliquidité au niveau du système bancaire.Autrement des moyens importants pour financer des programmes d’investissements productifs ambitieux.Malheureusement, cette aisance financière était accompagnée par la mauvaise gouvernance, ce qui a débouché sur la pénurie de moyens de financement de l’économie et du Budget de l’Etat.Effectivement, les recettes annuelles d’exportation des hydrocarbures sont passées de 63 milliards de dollars en 2013 à 27 milliards en 2016 et elles dépasseront difficilement la barre des 30 milliards de dollars dans l’avenir. Alors que les dépenses d’importations et de transferts ont atteint 76 milliards de dollars en 2014, composées de 68 milliards d’importations de biens et services, comparativement aux 12 milliards en 2001, et 8 milliards de dollars de transfert des bénéfices des sociétés étrangères exerçant en #Algérie.D’où la nécessité d’élaborer et de mettre en œuvre un programme économique moins dépendant des exportations des hydrocarbures.Les tenants du pouvoir doivent comprendre que leur départ est inscrit dans la logique de l’histoire. Le retarder ne fera qu’aggraver leur propre situation, malheureusement, aussi celle de la patrie.Il faut bien considérer que le maintien du système de pouvoir actuel par des élections présidentielles, telles qu’elles ont été organisées jusqu’à maintenant, est un suicide collectif pour les tenants du pouvoir mais aussi pour le peuple.C’est le moment pour se mobiliser pour la sauvegarde de la patrie.Cette mobilisation commence par le travail à la réponse à trois questions :– quel instrument de mobilisation ? Est-ce la création d’un front unifié pour la sauvegarde de la patrie ?– Quel mode d’organisation de la mobilisation ? Est-ce la création de cercles de partisans pour la sauvegarde de la patrie ?– Quel programme de sauvegarde pour venir à bout des maux dans la société, pour la construction d’un Etat digne du prestige de la Révolution nationale et des potentialités du pays, pour la construction d’une économie diversifiée ?Ensemble pour la sauvegarde de la patrie.
15 Dec 2018 à 20:26
Benchicou III à la veille d’un Bouteflika V: plongée au scalpel en autocratie
On ne complexera pas Benchicou d’avoir écrit un troisième livre sur Bouteflika. La situation du pays l'impose.“Le #mystère #Bouteflika”, un autre livre sur Abdelaziz Bouteflika, signé Mohamed Benchicou, ancien directeur du journal Le Matin, journal irrévérencieux disparu en juillet 2004, au lendemain de l’élection de Bouteflika II.  C’est le troisième livre d’une des meilleurs plumes de la presse nationale algérienne sur la présidence de Bouteflika. A la question inévitable sur ce “#Benchicou III”, l’auteur y répond sans hésitation en reprenant la formule des écrivains André Brink et Nadine Gordimer en réplique à ceux qui leur reprochaient de n’écrire que sur l’apartheid: “It is our landscape”, c’est cela notre contexte, notre réalité.”Difficile de nier que cette réalité algérienne, celle de la possibilité de plus en plus forte d’un cinquième mandat, ne soit aussi présente et sans doute pesante pour une bonne partie des Algériens.En journaliste et intellectuel, Benchicou est dans “l’actu” algérienne. “Il n’y aurait pas eu de ‘’nouveau livre sur Bouteflika’’ s’il avait quitté le pouvoir en 2009, comme le prévoyait la constitution”.Une commande de l’éditeur...mais pas que Dans son avant-propos, l’éditeur Riveneuve, à l’origine de ce nouveau livre sur Bouteflika, souligne que Mohamed Benchicou “connait presque intimement” le Président. “Comment oublier que le directeur d’un des cinq journaux privés les plus influents en Algérie doit au second [Bouteflika] d’avoir vu son média interdit et d’avoir passé deux ans en prison (2004-2006), en dépit de ses problèmes de santé ?”.“Alors que se profile un cinquième mandat, l’idée a été de mettre à jour la précédente édition toujours demandée, Notre ami Bouteflika”, ajoute-t-il. C’est ainsi que ce troisième livre a vu le jour. On ne complexera donc pas Benchicou d’avoir écrit un troisième livre sur Bouteflika. Pour lui, si le pays est dans cette situation si déprimante, c’est justement parce que ceux qui sont en devoir d’écrire, de parler et de témoigner ont renoncé.Le quatrième mandat et les conditions de l’exercice de la fonction présidentielle par un chef de l’État frappé par un AVC suscitent “une angoisse légitime chez tout le monde, une demande de vérité à laquelle ceux qui ont pour mission de répondre n’y répondent pas, par choix personnel, par crainte de rétorsion ou par je ne sais quoi”, souligne l’ancien directeur du Matin. On ne complexera donc pas Benchicou d’avoir écrit un troisième livre sur Bouteflika. Pour lui, si le pays est dans cette situation si déprimante, c’est justement parce que ceux qui sont en devoir d’écrire, de parler et de témoigner ont renoncé. “C’est parce qu’il n’y a pas suffisamment de livres, d’écrits, de reportages sur cette équipe qui prend le pays en otage, c’est parce que nous qui avons, dit-on,  la mission de remuer la plume dans la plaie, nous journalistes, écrivains, universitaires, artistes, managers, entrepreneurs, qui regardons ailleurs, c’est parce que nous avons renoncé à nos obligations envers la société…”Le journaliste ne se prive, d’ailleurs, pas de rappeler que les livres consacrés à Mitterrand ou Chirac ont dépassé les cinq cents et que pour Macron, qui n’a pas encore fini sa première année de pouvoir, on enregistre déjà près d’une centaine de livres. “Récit d’une déchéance”Dans un livre dont la structure s’apparente à un long rappel des affaires ayant marquées le règne de l’actuel chef de l’État, la sentence de Mohamed Benchicou est sans appel: “A la dix-neuvième année de règne de Bouteflika, racontera-t-on plus tard, l’on apprit que deux réfugiés sur cinq qui débarquent clandestinement en Espagne et en France étaient Algériens ! Une histoire triste. L’histoire d’un démantèlement de l’État algérien, de ses institutions, de sa diplomatie, l’histoire que j’aurais aimé ne pas avoir à raconter”.Le livre, souligne-t-il, est “un récit de la déchéance algérienne, d’un président qui promettait en 1999 d’abolir la corruption, de moderniser la pratique politique, de réhabiliter la transparence, d’effacer le chômage et de rendre la dignité à l’Algérien et qui a fait tout le contraire !  Au lieu d’inscrire son action dans la continuité d’un État pérenne, ou du moins d’essayer, au lieu de promouvoir l’initiative, libérer les énergies, renforcer la transparence, il a consolidé le pouvoir absolu, étouffé l’expression démocratique, découragé les initiatives, accru la censure, généralisé l’esprit de lucre, aboli la concertation.”Mais, précise Benchicou, le nouveau livre n’est pas “une synthèse de toutes les affaires publiées ici ou ailleurs”. “Publié où ? Chez qui ? Avez-vous lu une vraie enquête sur le scandale Chakib Khelil ? Comment cela fut-il possible?”.Mohamed Benchicou essaie surtout de “revenir sur la source de cette entreprise de mise à sac”. Ce livre, dit-il, “c’est l’histoire, écrite peut-être précipitamment, avec des lacunes sans doute, de 19 ans de gestion pharaonique du pouvoir, d’opacité, de frime, de vanité et de frivolité qui, aujourd’hui, placent le pays dans une posture alarmante. En 19 ans, avec un pétrole vendu jusqu’à 130 dollars le baril, Bouteflika a mis l’Algérie en faillite, cette même Algérie que le général Zéroual avait gouverné et maintenu debout avec un pétrole à 11,90 dollars exactement.” Une ”écriture humaine”Le pouvoir personnel est-il une souffrance? L’auteur dit avoir voulu “dépeindre un homme meurtri” par la maladie mais qui est aussi “esclave de ses ambitions” et “accepte d’endurer l’insupportable douleur plutôt que de se retirer de l’éprouvant exercice du pouvoir.”À LIRE AUSSI :  Bouteflika LD cinquième mandat en marche “Les autocrates sont plus seuls qu’on ne le croit”, atteste Benchicou. Et méfiez-vous, averti l’auteur “ces passages où je décris le président dans sa résidence de Zeralda ne sont pas aussi imaginaires” qu’on serait amené à le penser. Le choix de faire de la visite du président français Emmanuel Macron à Alger comme début et fin du livre, est pour l’auteur, “un instantané de nos tristes paradoxes”.  “La rencontre, plus d’un demi-siècle après l’indépendance, entre le jeune dirigeant d’une vieille puissance colonisatrice et un vieux monarque d’un jeune pays”.Cinquante cinq ans après l’indépendance, relève-t-il avec tristesse, “la jeunesse du jeune pays demande au jeune président du vieux pays des visas pour aller vivre dans le vieux pays dirigé par un jeune président et fuir le jeune pays dominé par un vieux dirigeant”.L’approche de la Présidentielle de 2019, n’est-elle pas à l’origine de ce nouveau livre? Benchicou est catégorique. Il n’écrit pas en  fonction des “agendas politiques” du pouvoir. “Ses kermesses ne m’intéressent pas. Elles servent à donner un peu de suspense et de crédit démocratique à une pitoyable fête foraine, qu’on appelle ”élection présidentielle ”.Cette présidentielle, affirme-t-il, trouvera bien “des parodistes ‘’informés de très bonne source’’ qui vont nous convaincre que les jeux ne sont pas encore faits, qu’il faut s’attendre à des surprises. Cela a déjà commencé, avec cette information selon laquelle les frères de Bouteflika seraient ‘contre’ le cinquième mandat. Cela va se poursuivre avec toutes sortes de fadaises, y compris celles très savantes de spécialistes de la politique qui s’échineront à nous persuader de l’existence ‘d’autres scénarios’”.La fatalité du 5e mandatPour Benchicou, il n’y pas de doute, les jeux sont faits. “Bouteflika a été au centre d’une stratégie mondiale qui veut faire de l’Algérie une zone inféodée à des intérêts extérieurs. La longévité de Bouteflika aux commandes du pays s’explique par la convergence entre cette stratégie et la soif de pouvoir de cet homme qui veut et qui va rester président jusqu’à la mort.”Sur la fatalité d’un cinquième mandat, il est implacable : “Bouteflika n’a plus d’adversaires au sein du système. Tout cela est retracé dans le livre. J’ai tenté de m’appesantir sur l’infinie ambition de pouvoir de Bouteflika, un facteur mésestimé par tous, alors qu’il est le point nodal de tout ce qui se passe. Le président se prépare à enclencher 5 autres années de règne dans l’opacité totale.” Que faire dès lors ? “Apprendre à être ni héros ni traîtres, ni dévots, ni hérétiques, ni candides, ni donneur de leçons, ni Jourdain ni Scapin, mais juste ces êtres humains qui auront su résister au sortilège du renoncement.” Sur un plan économique, il suffit à Benchicou de résumer les années Bouteflika dans l’état de l’économie nationale. “Je ne vous apprends rien, après 19 ans de règne sans panache, les caisses sont vides, l’industrie est nulle, la production hors-hydrocarbures qui était de 3% en 1999 est toujours 19 ans et 1000 milliards de dollars plus tard, toujours de 3 % en 2018, cela veut dire que notre pays a fait du surplace durant 19 ans, le temps qu’il a fallu à la Corée du sud pour devenir une puissance économique mondiale !”Le bilan est, aux yeux de l’auteur, un désastre: “comment un pays qui ambitionnait de se hisser au niveau de l’Espagne ou de l’Italie, s’est retrouvé, vingt ans plus tard, au rang des nations maudites qui envoient leurs enfants quémander refuge à l’Espagne et l’Italie?”Mohamed Benchicou est dans le pessimisme et il souligne au sujet de l’avenir du pays que “nous n’avons plus de prise sur rien. Peut-être même verrons-nous un Chakib Khelil diriger le gouvernement?”.Que faire dès lors ?  “Apprendre à être ni héros ni traîtres, ni dévots, ni hérétiques, ni candides, ni donneur de leçons, ni Jourdain ni Scapin, mais juste ces êtres humains qui auront su résister au sortilège du renoncement.”
03 Avril 2018 à 19:23
Personne n'échappe à la vindicte de Boudjedra à l'exception notable de Said Bouteflika
Amis lecteurs, j’ai pris sur moi de lire pour vous le dernier “pamphlet” de Rachid Boudjedra Les Contrebandiers de l’histoire, paru aux éditions Frantz Fanon, dans une collection spéciale intitulée “Mise au point”. J’ai pris sur moi, parce que, comme beaucoup, j’ai encore dans mon coeur une affection que je voudrai intacte pour l’auteur de L’escargot entêté. Et entêtée je demeure à vouloir continuer à penser à Rachid Boudjedra, en dépit de lui, comme à l’un des meilleurs romanciers que l’Algerie a enfantés. Un exercice qui devient pénible et douloureux à la lecture des Contrebandiers de l’histoire, ce texte que l’auteur décrit comme “un brûlot” et que son éditeur a pris le soin de définir en couverture comme un “pamphlet”. Mais que dire? Cela fait longtemps que Boudjedra a abandonné le roman pour lui préférer le “brûlot” et qu’il se sent plus à l’aise dans le registre du dénigrement et de la dénonciation. Le problème est qu’il semble avoir, avec Les Contrebandiers, épuisé toutes ses ressources créatrices et ses capacités à structurer un texte, au point où le résultat a du mal à se hisser y compris à la définition de pamphlet ou de brûlot. Ce n’est pas tant la violence des Contrebandiers de l’histoire qui est remarquable mais le fait que cela ressemble à de la violence aveugle. Personne ne semble être à l’abri de la rage boudjedrienne: ni la longue liste des écrivains qu’il traite en veux tu en voilà de “harkis”, de “larbins”, de “prédateurs”, de “psychopathes” ou de tueurs “membres du GIA”. Ni les éditeurs de livres, ni ceux des journaux, ni les enseignants universitaires, ni les historiens, ni les réalisateurs de cinéma, ni les Algériens qui ont quitté l’Algérie pendant la guerre civile… personne n’échappe au moulinet de Boudjedra. Personne n’échappe à la vindicte de Boudjedra à l’exception notable de Said Bouteflika: (…) "Said Bouteflika qui me déclara son soutien total et dénonça l’ignominie dont j’ai été la victime. J’ai été très ému et très content de cette intervention du premier conseiller du Président de la République que je salue et remercie ici très chaleureusement. Il était là en tant que représentant de l’autorité de l’Etat et en tant qu’intellectuel. Ce que d’autres n’ont pas eu le courage de faire." C’est donc par de chaleureux remerciements au frère de Abdelaziz Bouteflika, président de l’Algerie depuis 1999, que l’auteur décide curieusement de clore un livre où il fait entre autres le procès du système politique et économique: (…) "Les Algériens, toutes classes confondues, qui en ont marre qu’on leur fasse quotidiennement l’éloge de la mondialisation et du libéralisme économique qui les appauvrit grâce à une inflation terrifiante … Et lors des dernières législatives les Algériens ont répondu à ces falsifications politiques en s’abstenant de voter à… 65% et ce n’est pas un chiffre c’est un CRI." Aux paradoxes qui s’accumulent dans ce pamphlet, s’ajoutent les erreurs et les contrevérités. Kamel Daoud qu’il calomnie en affirmant qu’il était membre des GIA, n’a évidemment jamais fait partie des Groupes islamiques armés (GIA) cela n’est pas seulement une accusation farfelue et grotesque mais sa non véracité est vérifiable immédiatement: Daoud était le chroniqueur le plus adulé des lecteurs du Quotidien d’Oran pendant les années où les GIA ont sévi, il était chroniqueur, reporter, il était même rédacteur en chef du Quotidien d’Oran, il suffit de visiter les archives du plus vieux quotidien de l’Oranie pour s’en assurer. Les erreurs historiques où l’auteur se trompe de date, confond un massacre avec un autre: "C’est ainsi que s’est développée la thèse que c’est le colonel Amirouche, le chef de la Wilaya 3, qui a commis le massacre de Melouza perpétré en 1956". Alors que le massacre de Melouza (qui se trouve au nord de la ville de M'Sila, à la lisière du Constantinois et de la Kabylie) a été perpétré en 1957 et non pas en 1956 et que personne jusqu’à aujourd’hui n’a attribué la responsabilité de ce crime-là au colonel Amirouche. Mais encore? Ferial Furon, auteur de Si Bouaziz Bengana, dernier roi des Zibans, est parfois appelée “Muriel Furon”. Mais c’est probablement grâce à Wassyla Tamzali, auteure de Une éducation algérienne, que Boudjedra nous livre les passages qui resteront dans l’anthologie des oeuvres les plus burlesques: "(…) Cette bourse mensuelle de 300 DA permettait aux étudiants de vivre correctement. Mais pour Wassyla Tamzali, elle lui permettait de faire des achats superflus en robes et chaussures de luxe qu’elle se procurait dans un magasin chic situé juste en face de l’Université, et à côté de La Brasserie des Facs…. elle faisait de l’exhibitionnisme de classe pour nous épater et nos provoquer." Et toujours à propos de Wassyla Tamzali qui révulse l’auteur parce qu’elle émet les thèses, dit-il, du “qui tue qui” à propos des massacres des années 90 : "(…) Moi qui portais (toujours!) deux capsules de cyanure qui m’avaient été données par un ami pharmacologue de l’Université d’Oran." "Moi qui portais une barbe fournie et naturelle et une perruque aussi fournie mais artificielle, je fus donc abasourdi par ce discours de Wassyla Tamzali (…)" Rachid Boudjedra semble tellement hanté par les traitres à la cause nationale, les harkis, les vendus qu’il en devient obnubilé, il écrit “ce livre pour dire [sa] rage et [sa] colère contre un climat délétère et une partie (infinie!) de la société qui est complice de la trahison qui se propage” mais il oublie de nous dire pourquoi il semble penser qu’en ce moment précis de son histoire notre pays connait un mouvement littéraire favorable “à la traitrise” ou au révisionnisme historique ou “à la haine de soi”? Il ne nous livre aucune analyse, ni tentative d’explication du phénomène qui semble l’obséder. Tout ce qu’il fait c’est une sorte de liste infernale, qui n’en finit pas de s’allonger. Des listes de Schindler, des traitres à jeter à la vindicte populaire et des potences, voilà tout ce qu’offre Les contrebandiers de l’histoire, sans même nous faire la politesse, à nous ses lecteurs désarçonnés, d’y mettre un peu d’effort, ou de style. Les contrebandiers de l'histoire, Rachid Boudjedra. Editions Frantz Fanon. Tizi Ouzou, 2017.
09 Oct 2017 à 22:38
L'autre honte des musulmans
Les arabo-musulmans découvrent avec effarement le génocide des #Rohingyas, une minorité ethnique de confession musulmane vivant au #Myanmar. Les réseaux sociaux made in bladi s'enflamment aux nouvelles des meurtres en masse de ces apatrides, massacrés en toute impunité par l'armée dans le pays de la pourtant nobélisée de la paix mais silencieuse, Aung San Suu Kyi. «Loin des yeux, loin du cœur» est le proverbe qui sied le plus à ces musulmans de Birmanie qui se font saucissonner à la machette alors que ces exactions font rarement l'actualité si ce n'est quelques secondes d'un journal télévisé pour meubler l'information. La majorité des gens ignoraient jusqu'à l'existence de ces dizaines de milliers de damnés de la terre, victimes d'un effroyable nettoyage ethnique par des extrémistes bouddhistes. Villages rayés de la carte, exécutions sommaires, pendaisons publiques d'enfants et de femmes coupables de prier un autre Dieu, camps de concentration et esclavage pour certains, la Birmanie est devenue l'enfer des Rohingyas depuis quelques années. Cette extermination n'intéresse malheureusement pas grand monde, la Birmanie étant la nouvelle cible économique des Européens, Américains et Asiatiques, débarrassés de l'obligation morale de ne pas commercer avec la junte militaire alors en place. Devenue entre-temps une démocratie avec comme faire-valoir la championne toutes catégories de la paix Aung San Suu Kyi, la #Birmanie est aujourd'hui célébrée comme un exemple de réussite qui passe d'une dictature militaire à un pouvoir de militaires en civil. Les Rohingyas, au milieu de tout cela, continuent d'être persécutés, chassés de leurs terres et expropriés de leur identité. Devenus des apatrides dans leur propre pays, ils ont fini par prendre la mer comme on prend un cocktail médicamenteux dans l'espoir de ne plus se réveiller le matin et de constater que rien n'a changé ou que tout a empiré. Et pour les Rohingyas, tout a empiré. Les images de petits enfants musulmans pendus, des expéditions punitives menées par ces bouddhistes à la robe orange, obscurs figurants du Lady de Luc Besson glorifiant et mythifiant Aung San Suu Kyi, ont fait le tour du monde sans émouvoir grand monde. Des musulmans se font exterminer et le monde arabo-musulman se couvre de honte en détournant le regard. Pourtant, le fantasque président tchétchène Ramzan Kadyrov a appelé la Russie à ne pas soutenir le régime de Naypyidaw, la capitale fantôme des bouddhistes, menaçant même si c'était possible d'envoyer une bombe nucléaire sur la Birmanie pour faire cesser ces violences. Quid des défenseurs de l'islam ? Ils sont trop occupés à balancer leurs bombes sur le Yémen, massacrant femmes et enfants, pour s'intéresser à ce qui se passe au royaume de Aung Suu. 
06 Sep 2017 à 19:15
Saint Augustin, ce génie en mal d'adoption !
S'il y a bien une terre qui doit sanctifier et même s'enorgueillir de ce noble créateur, c'est bien la terre Algérie ! Or, jusqu'à ce jour, en raison des mutilations de l'histoire et de la mémoire, concoctées par un savant mensonge délibéré des officiels et autres pourfendeurs de toute chronologie universellement prouvée, la plupart des Algériens ignorent ce qu'il fut. Ici, un éclairage sur la personnalité de ce grand érudit.Bien après que l'antique civilisation, dont le centre était Rome-ville, anéantie par les Wisigoths d'Alaric le 24 août 410 de notre ère, ait sombré, les Vandales, avec leurs alliés alains, suèves et goths passèrent, en mai 429, sous la conduite de Genséric d'Espagne, au Maghreb, un homme prodigieux, évêque de son état, qui avait déjà commencé, dès 412, soit dix-sept années auparavant, un travail titanesque, celui de compulser, de synthétiser tout ce que le christianisme et la culture antique ont accompli jusqu'à cette époque.De son ardeur au travail, beaucoup de méditation, une prolixité à l'écriture et au bout une intense communication. C'est à se demander s'il lui arrivait de dormir. En quelque sorte, un bénédictin transformé en grand communicateur. Gutenberg n'aurait pas fait mieux, car il s'agissait pour lui de transmettre tout le patrimoine religieux antérieur acquis à un nouveau monde, mais surtout de dresser une peinture de la lutte du christianisme contre le paganisme, figurée par la lutte entre La Cité terrestre et La Cité de Dieu. Entre 412 et 427 donc devait se réaliser la première ébauche d'une théologie de l'histoire : l'ouvrage La Cité de Dieu en sera le produit. Obsédé de Dieu, véritable mystique qui, vraisemblablement, après sa conversion au christianisme, était à la quête d'un nouvel idéal religieux, plus profitable pour la condition humaine. Berbère romanisé, Augustin est né le 13 novembre 354 après J.-C. à Thagaste (actuellement Souk Ahras), d'un père païen et d'une mère chrétienne (sainte Monique). Enfant, il fut reçu parmi les catéchumènes. Il étudia à Madaure (M'daourouch), puis à Carthage et enfin à Rome.De sa jeunesse orageuse et dissipée, qu'il raconta dans son célèbre ouvrage autobiographique, Les confessions, il révéla son amer repentir et contrition. En possession d'un sens aigu de la rhétorique et assez imbu de la culture qu'il avait reçue, il devint lui même un créateur. Mais la lecture de L'Hortensius du non moins célèbre homme politique et orateur latin Ciceron allait marquer profondément son esprit.Par la suite, les neuf pénibles années passées chez les manichéens ne lui apportèrent que scepticisme et doute, mais il n'en démordit pas pour autant et la quête pour la vérité l'assiégeait toujours. En revanche, le tournant de sa vie, c'est quand il fut nommé, en l'an 383, professeur rhétorique à Milan. En effet, celui qui tournait en dérision les récits des écritures, en les assimilant à des contes de grands-mères, prit soudain l'habitude de lire la Sainte Bible suite à l'influence de sa mère Santa Monica et aux prédications de saint Ambroise, évêque de Milan.Mais encore, remarquablement imprégné par le néoplatonisme, de nouvelles idées naîtront chez lui, idées qui allaient complètement réformer ses vues sur la divinité et la contemplation mystique. Simultanément donc s'ouvrait à lui un monde suprasensible avec l'espoir en la possibilité de rédemption et de la communion avec Dieu. Et la lecture d'un saint Paul, surnommé l'apôtre des Gentils, fit le reste.En l'an 387, il se fit baptiser par saint Ambroise. Après sa conversion donc au christianisme à Rome, il revint en Afrique où il fut nommé prêtre puis, en 395, évêque d'Hippone (Annaba). Il devint le chantre de la latinité et du christianisme qu'il défendit avec passion contre les hérésies, notamment le donatisme.Dernier grand penseur de l'époque romaine, il fut à la fois théologien, philosophe et moraliste. Il laissa de nombreuses œuvres : Confessions, un chef-d'œuvre de littérature universelle où il décrivit son évolution religieuse jusqu'à sa conversion (387) ; La Cité de Dieu, déjà évoqué plus haut ; Le traité de la grâce et des épîtres.Dans La Cité de Dieu, il attaqua les adversaires de l'Eglise et fait l'éloge de l'orthodoxie chrétienne. Il critiqua sévèrement les défauts de l'Etat, mais recommanda aux chrétiens de lui obéir pour éviter les dissensions et les hérésies.Il rédigea, en outre, des milliers de sermons et lettres, mais près de trois cents seulement ont été conservés. Ces textes, comme toute son œuvre, révélèrent un puissant écrivain, un rhétoricien et un polémiste de talent. Celui qui aura vécu une bonne partie de sa vie de pénitence, de prédication, d'œuvres de charité et de travaux littéraires, assista en témoin à l'invasion de son pays par les Vandales. Et, malgré le malheur qui s'abattait ainsi sur l'Afrique, saint Augustin, après avoir lutté contre le donatisme et consacré la victoire de l'Eglise, continua la lutte. Il fit tout pour ranimer les courages, soutenir le moral des populations affolées et épargner à son diocèse les conséquences désastreuses de l'invasion des Barbares. Mais ses efforts furent vains. Il avait pressenti des malheurs. Il avait dit qu'après tout, la vie de tout être et de toute chose ici-bas «n'est que l'ombre d'une ombre». Il avait construit la Cité de Dieu qui «échappe aux Barbares, au temps et même à la mort».Il mourut le 28 août 430 pendant le siège d'Hippone.La Cité de Dieu : une œuvre majeure !C'est aussi une œuvre qui mérite d'être revisitée, surtout en ces temps de grands fatras et d'impostures religieux. Comme elle nous pousse à réfléchir sur ce que furent les sources de l'humanisme. Mais plus encore, elle apporte de la clarté par rapport aux implications que sont chez l'homme deux domaines bien distincts : le spirituel, le temporel. Et certaines religions feraient certainement mieux de s'en inspirer ! Enfin, une œuvre que saint Augustin a presque voulu prémonitoire.Intervenue bien des années après la décadence de l'Empire romain d'abord, le pillage et la destruction de Rome (410 après J.-C.) ensuite, l'œuvre La Cité de Dieu ne fut pas seulement d'essence apologétique, du christianisme s'entend, mais également une synthèse de toute la civilisation de l'Antiquité et une vue d'ensemble de l'histoire de Rome. Pour saint Augustin, il fallait au préalable décrypter l'ancienne cité de Rome païenne avant de préfigurer et d'imposer à la vision de l'esprit celle de Dieu.Dans la première, les dieux sont factices, éphémères. La société est rongée par la corruption à tous les niveaux, les marchands du Temple s'installent, l'astrologie et les nuages font recette, la république romaine, belle à ses débuts, vit la déconfiture, les philosophes restent impuissants.À Rome, de jour comme de nuit, chacun «peut s'amuser, boire, dégobiller et se lâcher sous lui». Diagnostic : «L’honneur se dissimule et le déshonneur s'exhibe, ce qui se commet de mal rameute les spectateurs, ce qui se dit de bien trouve à peine une poignée d'auditeurs, comme si l'on devait rougir de l'honnête et du malhonnête se faire gloire.» L'autre cité, en revanche, elle, trace les grandes lignes de l'humanisme, car elle s'intéresse au droit naturel de l'homme, né libre, à la légitimité du pouvoir, à l'origine du pouvoir de cœrcition qu'exerce le gouvernement et enfin à la loi juste et légitime. Saint Augustin fait un parallèle entre ce qui est matériel et ce qui est à Dieu. Ces deux idées se confrontent, se confondent et se mêlent ici-bas. L'une est est «l'asservissement à la matière, le culte des appétits et de la violence, l'amour de soi», l'autre «l'amour de Dieu poussé jusqu'au mépris de soi» qui procure à l'homme la foi, l'humilité, le culte de la justice et la charité.La croyance amène l'homme vers la perfection, «la cité céleste, ajoute encore saint Augustin, appelle à des citoyens de toutes les nations, elle constitue et rassemble une société de pèlerins de toute langue... Elle ne supprime rien, elle ne détruit rien de leurs usages... Elle rapporte seulement la paix terrestre à la paix céleste».Ainsi, l'humanisme était bien parti.Aujourd'hui, avec l'exacerbation des extrémismes religieux et identitaires dans le monde, cette œuvre devrait servir de véritable viatique pour nos sociétés. Peut-être qu'il en naîtra un humanisme plus consensuel ! 
04 Sep 2017 à 23:07
La vérité, tout simplement
La situation économique du pays est difficile, délicate. La confidence sinon cette sentence est d'Ahmed Ouyahia, qui l'avait déclarée à huis clos jeudi dernier lors de sa rencontre avec le patronat et l'UGTA. Avec les patrons, Ouyahia aurait troqué la langue de bois contre le langage de la vérité sur la situation financière catastrophique du pays. Et, dès lors, aurait demandé au patronat de s'impliquer pratiquement dans une mission impossible: participer au sauvetage du pays de la banqueroute. Le Premier ministre, débarrassé de sa casquette de chef de parti, aurait tenu des propos inquiétants sur l'extrême fragilité de l'économie algérienne. Il a surtout balayé d'un revers de main les «assurances» de Sellal qui avait déclaré à plusieurs reprises que l'#Algérie a les moyens et la capacité de s'en sortir. Aujourd'hui mis dans le cockpit, le chef du RND adopte une tout autre posture et pense vraiment que les choses vont mal, très mal. Les caisses de l'Etat sont-elles vraiment en train de se vider à une vitesse folle ou est-ce que l'argent des Algériens est consommé là où il ne le faut pas ? Le Premier ministre, en réalité, sait mieux que tout autre que la situation globale du pays est intenable, ingérable, que l'état des finances du pays est insoutenable. Alors, d'où sort-il à ce moment précis ces avertissements, ce climat anxiogène et cette sinistrose qu'il tente de transmettre à l'opinion publique via les partenaires sociaux ? Pourtant, il y a lieu de s'interroger sur le mutisme d'Ouyahia en 2015 et surtout à la fin de 2016, juste après la signature de la loi de finances 2017, truffée de nouvelles taxes, dont la hausse de deux points de base de la TVA, lorsque Abdelmalek Sellal affirmait que «tous les indicateurs macroéconomiques montrent qu'on maîtrise les choses pour que les Algériennes et les Algériens soient tranquilles. Dans beaucoup de domaines, il y a une amélioration». Une année auparavant, le même Sellal soutenait que «l'Etat algérien maîtrise la situation. Les Algériens doivent se rassurer définitivement parce que la politique du président de la République est contre l'immobilisme». De la fumée, tout simplement. Le reproche que l'on peut faire à Sellal, même s'il n'est plus comptable de ses errements et de ses mauvaises décisions économiques, c'est d'avoir berné les Algériens durant toutes ces années. Par contre, pour Ahmed Ouyahia c'est différent. En tant que premier responsable du second parti du pays, il aurait dû intervenir du temps de Sellal pour donner une autre vision, politique celle-là, de la situation catastrophique à laquelle courait le pays. Etait-il de mèche avec Sellal ? La question mérite d'être posée, car l'actuel chef de gouvernement avait, faut-il le rappeler, vivement réagi et attaqué de front, de face et de profil Abdelmadjid Tebboune, après que celui-ci ait exposé son plan d'action. C'est à ce moment qu'Ahmed Ouyahia avait dénoncé la «démagogie» et le «populisme» dans la conduite des affaires du pays. Après, il s'est justifié et avait expliqué qu'il ne visait pas Tebboune alors Premier ministre. Avait-il voulu faire d'une pierre deux coups en réglant de vieux comptes avec Sellal ? Rien n'est moins sûr. Mais, ce que l'on peut dès maintenant reprocher à cette posture frileuse d'Ouyahia par rapport aux énormes défis qu'il doit affronter, dont celui de maintenir un fragile équilibre dans les caisses du pays, c'est de continuer, lui aussi, de mentir, sinon de cacher la vérité aux Algériens sur leur avenir. Pourtant, l'occasion est propice pour qu'il puisse «laver ses os» et s'attirer la sympathie des Algériens en leur disant ce qu'ils doivent savoir. Ni plus ni moins sur l'état réel de leur pays dans lequel il l'a (re)trouvé. 
31 Aoû 2017 à 22:03
À "Zabor toute" ! Bon vent à Kamel Daoud
Nous n'avons pas toujours été tendre avec l'auteur de Meursault contre-enquête, particulièrement après son papier controversé "Cologne, lieu de fantasmes" vilipendant et enfonçant maladroitement des migrants ou exilés accusés d'attouchements sexuels, des actes regrettables pas toujours vérifiés et vérifiables mais qui lors de la Saint-Sylvestre 2015-2016 outragèrent la ville allemande et blessèrent ses habitants.L'ex-chroniqueur du Quotidien d'Oran recyclait alors les « (...) clichés orientalistes les plus éculés » écrivaient 19 experts français eux-mêmes pris à partie par l'écrivain italien Roberto Salviano venu, au sein de l'hebdomadaire Le Point du 09 février 2017, à la rescousse du "persécuté" de l'heure.Depuis, ce dernier a trouvé d'autres bouées de sauvetage le maintenant à flot face aux boulets de canon d'Ahmed Bensaâda, le responsable de #Kamel #Daoud : Cologne, contre enquête (éd Frantz Fanon), et des permanentes répliques-ressacs d'Abdellali Merdaci. L'universitaire constantinois reproche, au supposé protégé de la France, d'İsraël et de l'Occident, d'être aussi l'encensé d'une intelligentsia parisienne citant son patronyme dès que les arabo-musulmans font l'objet d'un torpillage en règle ou qu'il faut s'apitoyer sur le sort des victimes aléatoires de fous de Dieu distillant leur haine et venin terroristes au cœur des capitales européennes.À vouloir trop encrer et ancrer les soubassements de l'extrémisme islamique, le sollicité des tribunes incendiaires se verra reprocher, à tort, des tendances ou relents islamophobes alors qu'il affirmait le droit de réfléchir autrement le religieux ou les préceptes essentialistes, manifestait l'envie de faire reculer les digues archaïques de l'incomplétude, d'emprunter autre chose que les palliatifs-croisières du nationalisme vertueux endormi sur les transats de la martyrologie et les couches de commémorations-suppositoires censées faire baisser la fièvre d'une population sous perfusion.Après avoir dérivé quelques temps à vau-l'eau, le touché, mais pas coulé, revendiquera ses İndépendances, compilation anti-purgatoire lui permettant de retrouver l'écume de la page blanche, de composer donc les chapitres de Zabor ou les psaumes (Ed Barzakh et Actes Sud), roman avec lequel la rentrée littéraire se traduit en une virée promotionnelle à l'intérieur de l'Algérie, en un tour de chauffe le conduisant à la fin de ce mois d'août 2017 au point de rendez-vous de différentes villes (Constantine, Bejaïa, Bouzeguene, Tizi-Ouzou, Alger et Oran).L'invité d'honneur y dédicacera les livres d'admiratrices et aficionados requinqués à la vue d'un des dignes successeurs de Kateb Yacine, Mohamed Dib, Mourad Bourboune, Bachir Hadj Ali, Rachid Boudjedra, Anna Gréki, Assia Djebar, Nabile Farès, Youcef Sebti, Tahar Djaout, Rachid Mimouni, Mohamed Arkoun ou Malek Chebel, scribes et penseurs aux réflexions antérieures desquelles il se nourrit puisque ses propos sur une religion enkystée de nihilisme, le système militaro-capitaliste-étatique propagandiste et corrupteur, une femme algérienne atrophiée par les carcans du Code de la famille ou encore la libido d'autochtones en panne de rhétoriques amoureuses, s'inscrivent dans le déjà-là insufflé des producteurs de sens précités.L'hypothèse farfelue de l'œil cosmique, qu'avancera exagérément (au profit de Daoud) l'ancien Premier ministre français Manuel Valls, ne tient pas pour des rats de bibliothèques au courant de qui emprunte quoi et à quel moment. Ainsi, le don attribué au jeune héros (Zabor), celui de proroger la vie d'autrui à travers l'écriture, renvoie indéniablement au pouvoir de la compteuse (calculant la durée d'écoulement d'un sablier) et conteuse Shéhérazade, femme du sérail repoussant avec la seule parole la sentence de mort promise par son tyran. La transposition livresque s'attache à métamorphoser une femme en un garçon orphelin doté de forces exutoires et liberticides, capable de capitaliser de la durée existentielle, de défier les latences d'un ennui au fond duquel croupissent les rêves de changements.Naviguant entre imaginaire, croyance, fatalisme, aveu et dénonciation, ce marin des proses au long cours, que peut devenir l'enfant de Mesra, canote présentement sur le fil aquatique de l'autobiographie pour, au plus près des passages héliotropes, suivre la côte vermeille ou azur de l'espérance, atteindre le zénith d'une notoriété somme toute bien méritée, n'en déplaise aux détracteurs déboussolés.
28 Aoû 2017 à 21:57
«D'homme providentiel», Tebboune est devenu le mouton noir pestiféré
A sa nomination au poste de Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune a été encensé pour ses « qualités » humaines, sa compétence et l'énergie qu'il déploie dans l'exercice des fonctions dont il se trouve investi. Les « bakharines » qui l'ont élevé au pinacle et présenté comme étant l'homme qu'il faut à la place qu'il faut apte à relever les défis auxquels le pays est confronté, se sont mués en implacables lyncheurs du personnage aussitôt qu'ils ont senti que son « faux pas » qu'a été son bras de fer avec Ali Haddad lui a valu le courroux jupitérien. Depuis sa destitution, Abdelmadjid Tebboune est la cible d'une entreprise de démolition à laquelle ces milieux s'adonnent avec jubilation, certains qu'ils exécutent le travail attendu d'eux. Rien n'est épargné pour le rouler dans la boue, pas même l'accusation infamante d'avoir été prendre ses ordres à l'étranger. Du statut de quasi « homme providentiel » auquel il a été hissé en prenant ses fonctions, le désormais ex-Premier ministre en est à celui de pestiféré qu'il faut mettre plus bas que terre et ruiner la réputation au sein de l'opinion algérienne. Le procédé dont est victime Tebboune n'est pas une nouveauté, il est consubstantiel à la culture du système politique algérien et du sérail qui en tient le haut du pavé. Sauf qu'en se répétant cette fois contre un Premier ministre qui a d'emblée séduit les citoyens en s'affichant « déterminé » à mettre fin à la confusion devenue ambiante entre le monde de l'argent et des affaires et le pouvoir politique, il a eu pour effet chez les Algériens lambda d'accroître leur sympathie pour le personnage. Les déboires de l'éphémère Premier ministre, loin de les laisser indifférents ainsi qu'a été leur attitude quand ses prédécesseurs se sont vus éjectés sans égards ni reconnaissance, leur font au contraire considérer à tort ou à raison qu'il les a provoqués en essayant d'entreprendre le nettoyage des « écuries d'Augias » que sont devenus le pouvoir et les allées qui y conduisent. Aux yeux du simple citoyen, Tebboune a été certes écarté de la conduite des affaires de l'Etat mais est le vainqueur moral de la passe d'armes dont il a été la victime, lâché par un sérail politique soumis aux prédateurs qu'il a eus dans son viseur. Face à cette perception du feuilleton estival dont Tebboune a été le héros « malheureux » que partage une majorité d'Algériens, celui-ci doit s'attendre à ce que la campagne qui vise à ternir sa réputation et à le tuer politiquement ne soit pas près de s'arrêter d'autant qu'elle fait également écran de fumée sur le fait que pour le remplacer ses « tombeurs » ont eu recours à du « réchauffé » dont les Algériens n'apprécient ni la « saveur » ni le « goût ». En réalité, le feuilleton estival algérien a eu pour mérite de dévoiler la déliquescence dont est frappé le sommet du pouvoir qui ne lui fait même plus mesurer que l'opinion publique est dans le rejet irrévocable de ce qu'il entreprend et lui présente comme lui étant dicté par l'impératif de changement d'hommes et de politique en fonction des contextes générés par l'évolution de la crise multidimensionnelle dans laquelle l'Algérie se débat. 
27 Aoû 2017 à 19:21
Les enfants d'un programme
A entendre le patronat, les partis de la majorité, le syndicat agréé et le gouvernement se revendiquer du programme du président de la République comme seule ligne de conduite a ce quelque chose de révoltant. D'inquiétant. La critique n'est pas dans ce programme tant vanté, quoique, mais dans la manière de l'utiliser. On le porte en étendard, on le présente pour se dédouaner, on le conjugue pour justifier sa bonne foi même si on vient d'hypothéquer l'avenir de tout un pays. Un alibi sur mesure pour se prémunir de toute poursuite et défendre l'indéfendable. A chaque analyse critique, à chaque demande d'explications, on brandit cette carte du programme pour dire que ce n'est pas nous. Nous, nous sommes les hommes du Président et, à ce titre, on est au-dessus de tous. Oui, voilà leur réponse à toute intrusion dans leur univers des affaires. Haddad, Sidi Saïd, Ouyahia, Sellal, Ould Abbès et tous ceux qui s'accrochent à El Mouradia vous répondront qu'ils ne font que suivre le programme du Président. Et puis après ? Où nous a menés cette feuille de route ? La question mérite qu'on s'y arrête alors que se profile à l'horizon la présidentielle de 2019. Certains, parmi les plus zélés, parlent déjà d'un cinquième mandat. D'autres d'une lutte ouverte pour la succession mais toujours sous le parapluie de ce programme. N'est-il pas temps de passer à autre chose et de s'atteler à remédier à la triste destinée de ce pays ? Si les voyants sont au rouge, n'en déplaise aux discours rassurants et lénifiants, c'est bien la faute à un système qui a fait de la rente sa seule arme de survie. L'industrie, l'agriculture ou le tourisme ont été minés par des politiques désastreuses menées par des gestionnaires à l'incompétence avérée et à la fin on vient nous expliquer que c'est le programme du Président. C'est vraiment prendre les Algériens pour plus cruche qu'ils ne sont que de leur faire croire que le programme de Bouteflika a pour but de ruiner le pays. Le problème est indéniablement ailleurs, même si le chef de l'Etat a sa part de responsabilité dans la déliquescence de l'Algérie puisque c'est lui qui a nommé ces hommes qui se revendiquent aujourd'hui enfants de son programme. Le problème est dans ces appétits insatiables d'argent public qui, en plus de puiser dans le Trésor, contribuent à la déchéance de tout un Etat. 
15 Aoû 2017 à 20:53





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