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AJOURNEMENT DES RÉFORMES, BAISSE DES BUDGETS D’ÉQUIPEMENT… La panne économique

Economie - Dépenses publiques - 06 Sep 2018 à 21:45

L’Exécutif préfère encore actionner la planche à billets pour maintenir le statu quo.L’agenda politique et social semble primer sur l’agenda économique. C’est ce qui ressort de l’avant-projet de budget pour l’année 2019, qui prévoit une augmentation de 7,5% des dépenses de fonctionnement et une baisse de 12,2% des crédits de paiement. Le gouvernement maintient ainsi sa politique d’expansion budgétaire et reporte l’ajustement à 2020. Depuis le début de la crise pétrolière en 2014, l’ajustement réalisé est celui opéré par la Banque d’#Algérie sur le taux de change. L’effondrement du prix du pétrole à partir du deuxième semestre de 2014 s’est traduit, en 2015, par un déficit du compte courant extérieur de 16,4% du produit intérieur brut (PIB) et un déficit budgétaire de 15,3% du PIB. Cette forte détérioration de l’un des principaux fondamentaux de l’économie nationale, en contexte de différentiels d’inflation et de productivité défavorables et de nécessaire maintien de la #dépense #publique à un niveau élevé pour soutenir la croissance et l’emploi, a entraîné une dépréciation du dinar, en moyenne annuelle, de 19,8% vis-à-vis du dollar et de 4,07% contre l’euro entre 2014 et 2015, tenant compte de l’évolution des cours de change entre ces deux devises sur les marchés internationaux. Ainsi, face au choc externe de grande ampleur et durable, le taux de change du dinar a joué, dans une large mesure, son rôle d’amortisseur, en l’absence de consolidation budgétaire. En 2017, le gouvernement avait entamé une politique d’assainissement budgétaire. La loi de finances (LF) 2017 avait limité les dépenses à 6 880 milliards de dinars pour 2017 et6 800 milliards pour 2018 et 2019. La LF 2018 a pris un virage à 180 degrés en portant les dépenses de 2018 à 8 628 milliards de dinars, celles de 2019 à 7 561,8 milliards et à 7 368 milliards de dinars pour 2020. Confrontées à l’épuisement de l’épargne budgétaire, mais ne souhaitant pas recourir à l’emprunt externe, les autorités se sont tournées vers le financement monétaire (planche à billets). Le recours au financement non conventionnel présenté dans le plan d’action du gouvernement était conditionné par la réalisation de réformes structurelles. Un décret exécutif portant mécanisme de suivi des mesures et réformes structurelles dans le cadre de la mise en œuvre du financement non conventionnel a été publié au Journal officiel n°15 du mois de mars de l’année en cours. Le gouvernement a proclamé, dans ce décret, les réformes structurelles économiques, financières et budgétaires qu’il compte mener pour rétablir “les équilibres de la trésorerie de l’État et de la balance des paiements”. Pour l’instant, rien n’a été implémenté. Le gouvernement manifeste, à travers ses déclarations, une grande volonté de transformation du système économique, cependant ni la vision n'y est définie ni les institutions et ceux qui les font fonctionner ne sont prêts à conduire ces transformations. Les comportements sont sclérosés et les stratégies de statu quo sont prisées. En termes de vision dans le domaine économique, rares sont ceux qui peuvent aujourd'hui percevoir une politique économique claire dans son volet réformes. L’Exécutif a préféré encore actionner la planche à billets pour maintenir un statu quo. Comme l’ont suggéré des économistes, des réformes structurelles cruciales, mises en œuvre sans délai et échelonnées dans le temps, sont nécessaires pour refondre le modèle de croissance du pays, en tenant compte de leur interaction.
Pourquoi un baril à 50 dollars ne suffit plus à l’Algérie
Le baril de pétrole #Brent est en hausse de près de 0,6% et vaut, ce jeudi 22 décembre, plus de 54,8 dollars à la bourse de Londres. C’est pourtant toujours très loin d’être suffisant pour équilibrer le budget de l’État algérien. La Loi de finances pour 2017, calculée sur la base d’un baril à 50 dollars, prévoit un déficit de près de 12 milliards de dollars l’année prochaine. Or, il y a encore quelques années, les prix du brut étaient similaires, voire sensiblement inférieurs aux niveaux actuels. Comment se fait-il donc que l’Algérie se retrouve dans une situation de stress budgétaire aigu ? TSA vous propose, avec l’apport de notre expert Ferhat Ait Ali, une analyse comparative entre le début des années 2000 et la période actuelle, en expliquant les causes profondes de la situation actuelle. Des cours du brut plus avantageux qu’avant Tout d’abord, nous relevons que le cours du dollar de 2016 et ceux de 2005 sont comparables. Malgré des variations durant cette période, nous retrouvons, peu ou prou, les mêmes conditions. Par ailleurs, l’inflation globale est somme toute minime. Le prix élevé du #baril, au moment des records de juin et juillet 2014 autour des 140 dollars, était en partie lié au cours du dollar. Lorsqu’il était à 140 le baril par exemple, le dollar était au plus bas. Or, la corrélation inverse de la valeur du dollar et celle du baril est bien connue. Lorsque le dollar est fort, le prix du baril a tendance à baisser. Et vice-versa. De nos jours, le dollar est au plus haut, avec des niveaux qu’il n’avait plus atteint en près de 15 ans. Donc en valeur absolue, l’#Algérie exporte le pétrole plus cher. À titre comparatif, le prix moyen du baril en l’an 2000 était de 28,52 dollars. En progression lente au cours des années suivantes, il a atteint un niveau de 54,41 dollars en 2005. Après avoir atteint des pics de 111,6 dollars en 2012, les cours moyens du brut ont chuté jusqu’à atteindre les 45 dollars environ en 2016. La moyenne de prix du baril n’était si donc pas aussi élevée au début des années 2000. Mais à l’époque, le gouvernement a lancé des projets gigantesques de construction de routes, logements, voies ferrées. Malgré cela, l’État arrivait même à constituer une épargne budgétaire conséquente, avec un Fonds de régulation des recettes (FRR) qui a dépassé les 70 milliards de dollars en 2012 et a pu accumuler des réserves de change, atteignant pratiquement les 200 milliards de dollars. Qu’est ce qui a changé depuis ? Salaires, subventions, budgets des ministères… « Dérapage » des dépenses L’une des raisons de ce changement est que le poids des transferts sociaux et de la politique de revalorisation des salaires pèse désormais trop lourd. Souvenons-nous qu’en 2008 et 2011, l’État a accordé des hausses de salaires très importantes dans le secteur public. Ces augmentations, sans contrepartie en productivité et en création de richesse, sont incompressibles. Par ailleurs, au moment des « printemps arabes » ayant entraîné la déstabilisation de plusieurs pays, le gouvernement a pris des mesures pour garantir la sacro-sainte paix sociale, en subventionnant davantage des produits de première nécessité, comme l’huile et le sucre. Ces nouvelles dépenses sont venues s’ajouter à la masse préexistante des subventions, notamment celles liées au carburant, au logement, au blé ou au lait. Pris dans leur ensemble, ces soutiens des prix représentent une part importante du PIB du pays – 18% en 2012, selon le FMI – et contribuent à un déficit budgétaire important à la fin de chaque année. Tout recul est alors périlleux sur le plan social. Il parait impossible de réduire les salaires dans la fonction publique ou réduire les subventions sans provoquer des mouvements sociaux. La série d’augmentation des taxes sur les carburants décidée en 2016 et 2017 est justement très graduelle, pour éviter de brusquer le pouvoir d’achat des Algériens. Effort de guerre, subventions, paix sociale En parallèle, les budgets ministériels ont explosé. En cause notamment, les réévaluations constantes des projets lancés, faute de maturation et d’études suffisantes. En additionnant les « avenants » aux contrats signés, ce sont des dizaines de milliards de dollars de financements supplémentaires. Le cas de l’autoroute. Plusieurs rapports de la Cour des comptes relèvent le gaspillage de fonds publics en raison de ces réévaluations aussi intempestives que coûteuses. Fortes hausses des budgets de la Défense et de l’Intérieur Au-delà, la hausse généralisée des budgets est particulièrement visible à travers les crédits accordés aux forces de sécurité. À titre d’exemple, le budget du ministère de la Défense nationale (MDN) était de 210 milliards de dinars en 2005. Onze ans plus tard, ce même ministère bénéficie d’un budget de 1 118 milliards de dinars. Il a donc été multiplié par 5,32 en l’espace d’une décennie. Pour le ministère de l’Intérieur, les sommes allouées passent de 148,37 milliards à plus de 426 milliards sur la même période, soit près de 3 fois plus. La tendance se vérifie pour la plupart des budgets ministériels. Ceci s’explique notamment par les besoins de rééquipement et de modernisation de l’Armée nationale populaire (ANP) et par l’effort de « guerre » soutenu, en raison de l’instabilité régionale, nécessitant le déploiement massif des forces militaires, notamment à partir de 2011, aux frontières orientale et septentrionale du pays. En fin de compte, le gouvernement a profité de l’embellie financière pour augmenter sensiblement le train de vie de l’État (budgets) et les dépenses sociales qui vont avec. Il a également décidé d’améliorer le train de vie des Algériens pour éviter une explosion sociale. « Sauf que cela a été fait sur des ressources non pérennes », pointe Ferhat Ait Ali, analyste financier. Avec la baisse brutale du prix du pétrole, l’Algérie se retrouve avec des ressources moindres, mais avec des dépenses qui ont explosé entre-temps. Réduction des recettes d’hydrocarbures en volume et en valeur De surcroît, notre expert évoque d’autres causes et conséquences à cette situation, notamment la fonte des recettes d’exportation d’hydrocarbures, non seulement en valeur, mais surtout en volume. « Pour expliquer ce phénomène, il faut étudier certains paramètres connexes à ce prix du baril – qui ne produit pas les mêmes recettes au même cours du pétrole en amont – mais aussi les incidences des cours hauts du pétrole et du gaz, sur toute la structure de l’économie nationale », analyse Ait Ali. Concrètement, « il faut savoir que les quantités exportées de gaz, ont permis en 2005 avec un cours du baril à 54 dollars en moyenne de réaliser des recettes plus confortables qu’en 2016 avec le même cours », rappelle-t-il. Les exportations de gaz sont passées de 76 milliards de m3 en 2005 à environ 55 milliards de m3 en 2016, selon Ait Ali. Surtout, les prix ont évolué à la baisse entre ces deux période : « Avec un prix au million de BTU de l’ordre de 5,7 dollars en 2005, et de 3,5 en 2016 », les recettes sont moindres sous l’effet conjugué des quantités et des prix à l’exportation, explique notre source. Explosion de la masse monétaire : pas de contrepartie en devises Par ailleurs, Ait Ali attire l’attention sur le quasi quintuplement de la masse monétaire (M1) entre les deux périodes, qui est passée de 930 milliards de dinars en 2005 à plus de 4500 milliards en 2016. « Et probablement plus en 2017 », anticipe-t-il. Problème : cette augmentation était rendue possible par des rentrées de dollars, elles aussi en forte hausse. En effet, la Banque d’Algérie émet un équivalent en dinars pour chaque dollar perçu. Or, l’État se retrouve désormais confronté à un reflux de ces recettes en dollars. « Nous découvrons que notre émission monétaire et nos besoins en monnaie locale, ont suivi une courbe ascendante d’un afflux de dollars, qu’elle ne peut suivre dans la descente sans en dévaluer la valeur effective », résume Ait Ali. Pour ce dernier, « le seul moyen de redresser la barre, est non pas d’attendre un baril plus fort, ce qui risque de ne jamais arriver, mais de revoir tous les passifs de la Banque d’Algérie, qui dans les faits n’a aucun actif précis à part les réserves fondantes de change ». En somme, face à la pénurie de dollars, les dinars en circulation ne sont pas soutenus par un équivalent en billets verts. « Ce n’est pas le baril qui a fluctué entre les deux périodes mais les besoins et prétentions mal orientées du pays», conclu Ait Ali. Source www.tsa-algerie.com
24 Dec 2016 à 11:57
En 2017, l’État ne construira ni logements, ni autoroutes, ni hôpitaux…
L’État réduit fortement les investissements publics. Dans le projet de budget pour 2017 dont nous détenons une copie, les grands projets d’équipement sont quasiment absents. Ni grands centres hospitalo-universitaires, ni nouveaux programmes de logements, ni autoroutes… Le #budget de l’équipement est fortement impacté par la crise économique induite par la baisse des recettes de l’État, conséquence de la chute des prix du pétrole. Prenons par exemple le bâtiment, l’un des moteurs de la #croissance. Dans le tableau relatif au programme des projets pour 2017 réservés au ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme, on retrouve notamment l’acquisition foncière de la ville nouvelle de Sidi Abdellah à 15 milliards de dinars, l’étude et la réalisation de 71 CEM à 12,78 milliards de dinars ou encore l’indemnisation au titre des expropriations dans le cadre de la déclaration d’utilité publique de l’opération de réalisation de logements publics et d’équipements à Tébessa. Aucun nouveau programme de logements n’est prévu. L’exemple du ministère de la Santé est aussi si éloquent. Aucun nouveau projet de réalisation d’un hôpital, d’un CHU ou d’un centre anti-cancer n’est à l’ordre du jour malgré le déficit enregistré en la matière. Le plus important projet inscrit sur la liste est relatif à l’acquisition d’équipements médicaux au profit de 13 polycliniques, sept hôpitaux et un service d’hémodialyse et un laboratoire d’hygiène » et s’élève à 3,65 milliards de dinars. Au chapitre des réévaluations proposées en 2017, on note notamment une étude et la réalisation de sept hôpitaux à 2,27 milliards de dinars. Même constat pour le ministère des Travaux publics et des Transports. Dans le programme des projets inscrits pour 2017 figure notamment la réalisation d’une piste Hass Tguert-Tiririne sur 495 Km (deuxième tranche) à cinq milliards de dinars et une autre piste relisant Tamanrasset à Azzaoua sur 292 Km (deuxième tranche) évaluée également à cinq milliards de dinars. Pour ce département, les réévaluations proposées sont importantes. Il s’agit entre autres de cinq milliards pour le tramway de Ouargla, 4,1 milliards pour celui de Bel Abbès, et à cinq milliards pour l’étude et la réalisation du viaduc Trans-Rhumel de Constantine. Pour le ministère des Ressources en eau et de l’environnement, aucun grand projet de construction de barrage n’a été inscrit au programme où on note des travaux de confortement de barrages à l’image de celui de Cheurfa II à 1,5 milliard de dinars. Parmi les projets en cours inscrit au chapitre des réévaluations, on peut citer notamment la construction du barrage de Tabbelout à Jijel à 11,4 milliards de dinars et la réalisation du transfert Tabellout-Draa Diss à sept milliards de dinars. Pour le ministère de l’Industrie et des Mines, même constat. Aucun grand projet n’a été inscrit au programme. Même chose pour le département de la Jeunesse et des Sports qui a toutefois enregistré le projet d’étude, de suivi, de réalisation et d’équipement du stade OMS de Beraki à Alger au chapitre des réévaluations pour 7 milliards de dinars. Pour 2017, le département de Mohamed Aïssa n’a visiblement proposé aucun projet. On enregistre cependant l’inscription au chapitre des réévaluations du projet de suivi, de réalisation et d’équipement d’une mosquée pôle à Laghouat à 500 millions de dinars et le projet relatif à une autre mosquée pôle à Mascara à 710 millions de dinars. Mais le ministre des Affaires a déclaré le 8 octobre que les projets des mosquées pôles ont été gelés, faute d’argent. Source www.tsa-algerie.com
20 Oct 2016 à 14:52
Présidence : les budgets de l’alimentation et d’habillement
Combien coûtent l’habillement et l’alimentation à la Présidence de la République ? Le projet de budget de l’État pour 2017, dont TSA a obtenu une copie, donne un aperçu et beaucoup de détails : les dépenses annuelles pour le poste de l’alimentation vont bondir de 130% en 2017 pour atteindre 101,5 millions de dinars. C’est plus du double de l’année dernière (+57,5 millions de dinars). Qu’est-ce qui explique un tel regain d’appétit ? Mystère. L’inflation en Algérie et la hausse des produits alimentaires ne justifient pas une telle augmentation. Cela dit, la majoration spectaculaire de ce budget peut être partiellement liée à la dépréciation du dinar : les produits importés coûtent plus cher depuis la baisse de la valeur de la monnaie nationale. Mais là encore, c’est sans commune mesure avec la proportion de la hausse (130%) du budget. Et elle ne peut s’expliquer par une augmentation du nombre de réceptions de dirigeants ou représentants étrangers (ou nationaux). D’ailleurs, selon le document, le #budget consacré aux réceptions est logiquement en recul de 10 millions de dinars, au vu de la réduction des activités officielles du président de la République, Abdelaziz #Bouteflika. Le budget consacré à l’habillement est également en forte hausse à 44,11 millions de dinars, selon la même source. C’est 20,88 millions de dinars de plus qu’en 2016, soit une augmentation de 89,9% sur un an, précise le document. L’on ne retrouve pas d’explication de cette évolution. La majorité des autres chapitres de dépense sont en baisse. Globalement, le budget consacré à la Présidence de la République est en recul de 1%, à 7,82 milliards de dinars en 2017. Source www.tsa-algerie.com
20 Oct 2016 à 08:25
D’ÉNORMES SURCOÛTS DANS LA RÉNOVATION DE L’HÔTEL EL-AURASSI Le rapport accablant de la Cour des comptes
La rénovation de l’hôtel El-Aurassi a été engagée en 1999. Selon un contrôle effectué par la Cour des comptes entre 2014 et 2015, la gestion de ce chantier, toujours inachevé après 15 ans – il restait alors quelques réserves à lever –, a donné lieu à un énorme surcoût. La rénovation de l’hôtel El- Aurassi a été décidée et engagée en 1999 avec pour objectif la mise en conformité de l’établissement aux normes de sécurité des biens et des personnes et aux standards internationaux d’hôtel cinq étoiles. L’opération, qui a débuté à cette date par le lancement d’un appel d’offres, a donné lieu au choix de l’entreprise allemande Fischer Bau pour un montant de 45,4 millions d’euros. Le contrat n’a pas été signé à cause de la faillite de cette entreprise. Mais, la gestion défectueuse du projet, relancé quatre ans après, a engendré d’énormes surcoûts : «Le coût s’est élevé à 75 millions d’euros», précise-t-on dans le rapport d’un contrôle effectué par la Cour des comptes en 2014. En effet, l’exécution du contrat attribué en décembre 2004 au groupement turc KEF composé des sociétés Kontek, Etalon et Art et deux partenaires avec le statut de sous-traitants désignés, à savoir Hotel Design et Ilpa, a été suspendue en février 2006 par le ministre des Participations et de la Promotion des investissements, Abdelhamid Temmar. Les pouvoirs publics ont alors décidé de louer le fonds de commerce de l’hôtel et limiter l’opération de sa réhabilitation aux seuls aspects de la sécurité. Ainsi, un processus de recherche d’un locataire-gérant a été conduit à partir de juin 2006 par l’entité qui gère les actifs touristiques de l’Etat, la SGP «Tourisme et Hôtellerie» (Gestour), dirigée à l’époque par Mohamed-Amine Messaid, actuel chef de cabinet du Premier ministre Sellal. Ce processus n’a pas abouti mais, entre-temps, le P-dg d’El- Aurassi, Abdelkader Lamri, a entrepris des démarches auprès des pouvoirs publics afin d’obtenir leur accord pour l’exécution du contrat signé avec KEF. Le recours du groupement turc à l’arbitrage international, en septembre 2008, pour réclamer la réparation d’un préjudice estimé à 7,3 millions d’euros, a fini par convaincre le Comité des participations de l’Etat qui, en janvier 2009, a donné son accord pour les travaux de rénovation. C’était au temps de Cherif Rahmani qui avait hérité du portefeuille du tourisme dans le sillage du remaniement ministériel du gouvernement Ouyahia, en novembre 2008. En contrepartie de l’abandon de la procédure d’arbitrage, un avenant de reprise des travaux a été signé en mai 2009 pour un montant de 57 millions d’euros, soit 14 millions d’euros de surcoût comparativement au contrat initial qui était de 43 millions d’euros. Et ce, en plus des majorations ayant touché les montants des autres contrats portant sur les études, le suivi, la fourniture et la pose d’un système audiovisuel et les équipements de cuisine. Et, en dépit du fait que l’opération ait bénéficié des avantages liés au développement de l’investissement qui consistent en de multiples exonérations d’impôts. Augmentation injustifiée du montant du marché conclu avec les Turcs Il faut, néanmoins, souligner que le rapport de la Cour des comptes est accablant au sujet de la passation des quatre contrats signés par l’EGH El- Aurassi dans le cadre de cette opération de rénovation. «Alors que l’offre retenue du groupement turc était de 38,5 millions d’euros, le marché a été attribué pour 42,7 millions d’euros, soit une augmentation non justifiée de 4 millions d’euros, représentant 10,5% du montant de l’offre», précise-t-on. D’autant que la constitution du groupement n’est intervenue qu’en décembre 2005, soit presque une année après que ce candidat eut été retenu par la commission d’évaluation des offres. Pis encore, et en plus de l’avenant de reprise des travaux, huit autres rallonges ont été accordées à l’entrepreneur turc en raison de la non-maîtrise des besoins dans le cahier des charges élaboré par le bureau d’études belge International Montage Maintenance (IMM), mais aussi, de l’absence de références de cet entrepreneur dans le domaine. Ce qui a porté le montant du contrat à près de 68 millions d’euros. En effet, le contrat d’études et de suivi des travaux a été conclu avec IMM en février 2001 pour accompagner l’EGH El-Aurassi dans le suivi de l’opération pour un montant de 1,8 million d’euros. Mais les retards enregistrés dans la réalisation des travaux ont entraîné trois avenants au contrat initial signé avec ce bureau spécialisé plutôt dans la construction clés en main des centrales de production d’énergie à moteurs thermiques et qui compte parmi les fournisseurs de Sonelgaz. Ce qui a porté le montant total de ses prestations à 4 millions d’euros. Quant à la fourniture et la pose d’un système audiovisuel dans la salle des conférences, l’EGH El-Aurassi est tombé sur une autre entreprise défaillante qui n’a pas tardé à faire faillite. L’entreprise belge Mediatone –retenue à l’issue d’une consultation restreinte lancée en janvier 2005 et dont le contrat d’un montant d’un million d’euros, paraphé en janvier 2006, n’a pas été concrétisé suite à l’arrêt de l’opération – a été reconduite en juin 2009 à la faveur d’un nouveau contrat de 1,2 million d’euros, soit 11% de plus par rapport au contrat initial. Mediatone a fait faillite en janvier 2013 et n’a pas eu le temps de lever les réserves émises lors de la réception provisoire du système audiovisuel. Il a fallu engager une autre entreprise belge, Studiotech en l’occurrence, qui, en vertu d’un accord signé en juillet 2013, a rattrapé le coup pour 57 000 euros. Au bout du compte, l’établissement a été réceptionné en mars 2012 avec quelque sept ou huit mois de retard et avant même que les travaux ne soient achevés totalement, malgré le fait que le groupement turc KEF ait bénéficié de la fermeture totale de l’établissement. Pourtant, les avenants du contrat du groupement turc ont porté les délais de 22 à 26 mois. D’autant qu’il s’est engagé dans l’offre formulée en septembre 2005 à réduire les délais de trois mois en cas de fermeture totale de l’établissement, ce qui fut fait pour 14 mois à compter de janvier 2011. La Cour des comptes, qui a noté qu’aucune pénalité de retard n’a été appliquée, a même alerté sur plusieurs incongruités : «Mauvaise exécution des prestations, introduction tardive des travaux liés à la sécurité, facturation de prestations inexistantes, application de taux de change différents à la même date et le recours aux forfaits pour des travaux qui sont d’habitude facturés au métré.» Les réponses du P-dg d’El-Aurassi A en croire les explications du P-dg d’El- Aurassi, Abdelkader Lamri, qui a essayé de répondre, point par point, aux constatations des magistrats de la Cour des comptes, les retards accumulés seraient dus à des difficultés administratives indépendantes de la volonté du groupement turc KEF. Lamri s’était exprimé y compris sur la qualité des prestations contestée par la Cour des comptes : «Le résultat final de l’opération de rénovation est, dans l’ensemble, satisfaisant (…) Il convient de retenir, malgré les difficultés rencontrées et la complexité dans l’exécution des travaux de rénovation, que l’organisation mise en place par le maître de l’ouvrage a prouvé son efficacité, par la qualité des travaux réalisés et des équipements installés et l’importante amélioration du design d’ensemble de l’hôtel (…) Autre objectif atteint, la mise en conformité de l’hôtel au plan de la sécurité contre les risques d’incendie et les mouvements de panique (…) Ce constat est confirmé par le retour de la clientèle et aussi par le choix des clients institutionnels algériens et étrangers d’être fidèles à l’hôtel El-Aurassi.» Au sujet du surcoût, Lamri a expliqué que le business plan initial élaboré pour la période 2006-2014 est devenu caduc à la réactivation du contrat en 2009. Il a indiqué que «le second business plan couvrant la période 2009-2018 prévoyait un investissement de 63,5 millions d’euros, auquel s’était ajoutée au titre des impondérables une marge de 10%, soit un montant global de 69,9 millions d’euros». Et de préciser : «Le coût global de l’opération de rénovation s’élève à 76,25 millions d’euros, soit une variation de 9,15% en comparaison avec le montant estimé dans le business plan.» Un surcoût qu’il a expliqué par «la difficulté et la complexité de l’exécution des travaux». El-Aurassi en quelques chiffres L’#hôtel #ElAurassi est un établissement classé cinq étoiles constitué de 455 chambres d’une capacité de 775 lits dont la construction a débuté durant les années 1960. Ouvert à l’exploitation le 2 mai 1975, l’établissement n’a pas connu une opération de rénovation d’envergure avant celle engagée en 1999. Cette opération, qui a bénéficié d’un financement public sous forme de prêt du Trésor et de crédits bancaires, visait à améliorer la rentabilité de l’établissement. La Cour des comptes a estimé que la hausse du chiffre d’affaires après la rénovation de l’hôtel est due à l’augmentation des prix pratiqués et non pas à l’amélioration des prestations et l’affluence de nouvelles clientèles. Il continue, en tout cas, de bénéficier de la fidélité des institutions de l’Etat qui y organisent séminaires, colloques et rencontres de tous types à longueur d’année. «Cette amélioration est due, en partie, aux volumes réalisés en matière de banquets, sachant qu’ils sont respectivement pour la période 2012-2104 de 123 500 couverts en 2012 sur neuf mois d’activité, 193 000 couverts en 2013 et 225 500 couverts en 2014», a précisé Abdelkader Lamri. Source lesoirdalgerie.com
17 Oct 2016 à 16:53
Avant-projet de Loi de finances 2017 : une batterie de mesures fiscales et de nouvelles taxes
L’avant-projet de Loi de finances pour 2017, qui devrait être soumis au gouvernement cette semaine, contient une série de mesures fiscales visant à renforcer le budget et/ou encourager certains secteurs d’activités, selon les détails du texte obtenus par TSA. Nouvelle hausse des taxes, le taux de TVA augmente de 2 points Le gouvernement compte instaurer une nouvelle hausse des taxes en 2017. C’est le cas de la Taxe sur la valeur ajoutée (#TVA) dont les taux seront relevés de 2 points de pourcentage : ils passeront de 17% à 19% pour le taux plein et de 7% à 9% pour le taux réduit. Ces nouvelles recettes devraient être affectées aux Collectivités locales afin d’améliorer leur situation financière. Par ailleurs, la #Taxe intérieure sur la consommation sera étendue et relevée pour certains produits dits « de luxe ». Déjà augmentée en 2016, la TIC concerne notamment les véhicules de grosses cylindrées, les fruits exotiques, le saumon et le caviar. En plus d’une hausse des taux, d’autres produits devraient donc être soumis à cette TIC. Dans le même ordre d’idée, la TIC sur les tabacs sera également rehaussée. Elle concernera la partie fixe de la taxe, avec une augmentation de près de 100% pour les tabacs blancs et de 60% pour les tabacs bruns. Taxation du marché des véhicules d’occasion et de la location de logements Le #gouvernement envisage de mettre en place une taxation des marges sur les opérations de vente et livraison de biens meubles d’occasion. Cela concernera notamment le marché des véhicules d’occasion. Le but est d’organiser ce segment, en réduisant le marché particulier, tout en assurant de nouvelles recettes pour l’État. Par ailleurs, la location des habitations individuelles sera soumise à un nouveau taux de 10% d’imposition sur le revenu global (IRG). Dans le même temps, les plus-values sur les cessions d’immeubles bâtis se verront imposées à hauteur de 5% (IRG) libératoire d’impôt. Ce prélèvement pourra néanmoins faire l’objet d’abattements (jusqu’à 100%) selon la durée de conservation du bien. Les produits étrangers indirectement ciblés, mais… Autre mesure fiscale : les contrats de production et de diffusion de publicité faite au profit des produits non fabriqués localement feront l’objet d’une taxe spécifique, selon nos informations. Cela dit, l’Algérie devrait modifier un article de la Loi de finances pour 2016 sur la TIC. En effet, le gouvernement devra se conformer avec les accords signés par l’Algérie avec l’Union européenne, notamment en ce qui concerne le respect de la non discrimination entre les produits importés et ceux produits localement. Taxe sur les produits énergivores Par ailleurs, le gouvernement mise sur une réduction de la consommation d’énergie, avec l’instauration d’une taxe spécifique intitulée « taxe d’efficacité énergétique». Son taux variera entre 30% et 60% selon la classification. Elle sera applicable aux produits importés ou fabriqués localement, fonctionnant à l’électricité, au gaz et aux produits pétroliers. Cette taxe bénéficiera à hauteur de 90% au budget de l’État. Les 10% restants seront reversés au profit du fond national de maîtrise de l’énergie et pour les énergies renouvelables et de la cogénération, a-t-on appris. Volonté d’encourager l’industrie automobile Enfin, le gouvernement veut booster l’investissement dans la filière automobile. Ainsi l’avantage fiscal accordé au profit des sociétés de production de véhicules industriels, à l’importation de parties, accessoires et composant qui font partie des collections destinées aux industries de montage ou celles dites CKD, sera étendu à l’ensemble des sociétés de production activant dans le domaine de l’assemblage et du montage agréées par le ministère l’Industrie et des Mines. Comprendre : toutes les entreprises dans le secteur de la construction automobile bénéficieront des mêmes avantages. Dans le même ordre d’idée, l’avantage temporaire applicable actuellement depuis le 1er janvier 2015 pour une durée de trois ans, devrait être remplacé par un avantage permanent pour les acteurs du secteur. source : www.tsa-algerie.com
04 Sep 2016 à 14:22
Pas de loi de finances complémentaire en 2016
Les pouvoirs publics ont donc décidé de repousser à 2017 la matérialisation de la politique d’#austérité. Le gouvernement ne recourra pas à une #loi_de_finances_2016 complémentaire pour adapter les dépenses publiques à la politique d’austérité prônée par les autorités depuis la chute drastique des cours du pétrole sur les marchés internationaux qui procurait au pays l’essentiel de ses recettes financières. C’est le nouveau ministre des Finances, #Hadji #Baba_Ammi, qui l’a annoncé hier, dans une déclaration à la presse en marge de la présentation du projet de loi portant #règlement_budgétaire 2013 devant le Conseil de la nation. Et d’après le même responsable, c’est dans la loi de finances 2017, actuellement en élaboration, que la politique des restrictions budgétaires vont se cristalliser. “La loi de finances 2017 apportera une vision sur le moyen terme et marquera le début d'adaptation du niveau des dépenses aux ressources financières du pays”, a-t-il expliqué, ajoutant que “la loi de finances 2017 développera une vision sur le moyen terme et nous y adapterons le niveau des dépenses en fonction des ressources dont nous disposerons”. Les pouvoirs publics ont donc décidé de repousser à plus tard la matérialisation de la politique d’austérité, mais il apparaît à l’évidence que la situation financière fragile du pays ne laisse pas une grande marge de manœuvre à l’Exécutif qui sera amené dès 2017, comme l’a expliqué le ministre, à opter pour la rigueur budgétaire. Certes, M. Baba Ammi ne s’étale pas trop, dans son intervention, sur l’ampleur des restrictions qui découleront de la nouvelle vision des autorités, mais ses propos trahissent, tout de même, une certaine appréhension quant aux conséquences, qui peuvent s’avérer dramatiques, des mesures envisagées. “Nous ne procèderons pas à un changement brusque du niveau des dépenses des années précédentes, nous amorcerons graduellement la #maîtrise des #dépenses et leur adaptation à nos ressources financières”, tente-t-il de rassurer. Par “adaptation à nos ressources financières”, le ministre voudrait, peut-être, insinuer que le contenu et l’ampleur des mesures qui seront prises dépendront, essentiellement, de l’évolution des prix du pétrole. Dans le même temps, les autorités lorgnent d’autres sources de recettes financières pour tenter de réduire l’impact de la baisse des revenus des #hydrocarbures. L’élargissement de l’assiette fiscale offre une des clés sur lesquelles peut tabler le gouvernement. Selon le ministre des Finances, la loi de finances 2017 introduit de nouvelles dispositions pour améliorer le niveau de #recouvrement #fiscal après les facilités accordées en vertu de la loi de finances 2012. Celan permettra, dit-il, d'arrêter un nouveau calendrier pour le recouvrement fiscal et l'effacement des pénalités de retard. Le ministre a souligné la modernisation, en cours, de l'ensemble des structures du secteur des finances notamment l'administration des impôts, du budget et de la comptabilité et celle du domaine public en vue, précise-t-il, “d'une plus grande transparence dans la gestion, une meilleure maîtrise des recettes et dépenses et l'amélioration du recouvrement fiscal”. En réponse à une question sur un lien entre la visite d'une délégation du Fonds monétaire international (#FMI) en #Algérie et un retour à l'endettement extérieur, M. Hadji Baba Ammi a opposé un démenti catégorique, précisant que cette visite était programmée depuis longtemps et qu'elle n'a pas de lien avec un quelconque endettement extérieur. Source LIBERTÉ
13 Juil 2016 à 10:38
Coupes budgétaires au MJS de l'ordre 500 milliards de centimes
#Austérité, quand tu ne tiens ! Le #gouvernement de Abdelmalek #Sellal, après avoir annulé des projets d’investissements de grande importance, tous secteurs confondus, passe à des mesures encore plus désagréables en ordonnant des #coupes #budgétaires au sein des différents ministères, apprend-on de source digne de foi.
05 Juil 2016 à 13:28
Crise financière : Les budgets des hôpitaux en baisse
Les établissements hospitaliers publics sont soumis à rude épreuve depuis la promulgation de la note n°1729 du 5 octobre 2015 du ministère des Finances, obligeant les gestionnaires à consommer 50% du budget alloué à l’établissement dans le cadre de la rationalisation des dépenses. Une instruction qui impacte lourdement la gestion des hôpitaux qui ont un statut d’établissement à caractère industriel et commercial (EPIC) au même titre que les autres structures publiques. Est-ce qu’un établissement hospitalier tel qu’un CHU peut être assimilé à n’importe quelle autre entreprise publique ? L’instruction du ministre des Finances vient estropier l’activité quotidienne des services médicaux indispensables dans la prise en charge des malades. Un véritable casse-tête imposé aux responsables de ces structures qui se démènent afin de trouver les solutions idoines pour le bon fonctionnement des services et de l’établissement, dont les besoins sont extrêmement importants et parfois urgents. Outre le médicament pour lequel les réductions sont plafonnées selon les établissements, la note ministérielle exige de «procéder aux engagements destinés aux achats de matériels : fournitures mobilier et papeterie, imprimerie, ainsi qu’aux diverses manifestations qu’à concurrence de 50% de la dotation budgétaire qui leur est destinée. Le reste sera libéré en temps opportun et au cas par cas». La note ministérielle signée par le directeur des finances et des moyens, du temps de l’ex-ministre des Finances, Abderrahmane Benkhalfa, demande de poursuivre les efforts de rationalisation consentis en vue d’atteindre, à la fin de l’exercice 2016, une économie de 20% sur les crédits inscrits à l’indicatif des postes précités. Les contrôleurs financiers tenus de mettre en application cette disposition sont régulièrement en opposition avec les gestionnaires qui tentent tant bien que mal de justifier au moindre détail toutes les dépenses. Une situation qui risque d’avoir un impact négatif sur la prise en charge des malades. «Le malade sera sérieusement touché par ces restrictions. Comment peut-on réduire les dépenses en matière de fournitures de bureau et papeterie, sachant que chaque malade doit avoir un dossier médical comportant un compte-rendu hospitalier, un compte-rendu opératoire, un compte-rendu pour l’imagerie médicale, et surtout les imprimés pour les examens biologiques. Ces documents sont indispensables puisqu’ils relèvent de l’exigence médico-légale et il est impossible de contourner cette contrainte», relève un autre gestionnaire qui pose un sérieux problème pour ce qui du fonctionnement des blocs opératoires. «Sans le gaz à usage médical, il est quasiment impossible de programmer des interventions chirurgicales. A ce rythme, il n’y aura que les urgences qui seront assurées. L’activité opératoire sera considérablement réduite. Le problème se pose aussi pour la maintenance des équipements. Un scanner qui tombe en panne, il faut bien le réparer. Décider de remplacer une pièce est soumis à l’appréciation du contrôleur financier qui lui n’est pas confronté aux malades et aux professionnels de la santé de plus en plus exigeants. Si la sonde d’un échographe utilisée en gynécologie est usée, on doit en racheter une. Mais, le contrôleur financier ne comprend pas tout cela. Il s’agit d’un véritable casse-tête auquel nous sommes tenus de trouver des solutions immédiates.» Le plafonnement des dépenses imposé met l’hôpital, en l’occurrence les Chu, dans une situation d’étouffement et les conséquences sont déjà visibles. L’établissement hospitalier doit avoir un statut spécifique, estime un gestionnaire qui propose un modèle de gestion autre que celui imposé actuellement. «On ne peut pas continuer à appliquer cette note ministérielle au niveau des établissements hospitaliers. Nos structures diffèrent des autres établissements publics. Nous n’avons pas le même fonctionnement et surtout les besoins sont différents. Nous sommes tenus d’assurer une activité régulière des services médicaux notamment pour tout ce qui est produits pharmaceutiques utilisés quotidiennement, tels que les réactif, le film de radiologie, le fil de sutures chirurgicales, les solutés et l’oxygène médical», nous confie un chef d’établissement. Il signale que cette note reste ambiguë puisque «nous sommes dans l’obligation, quand même, d’honorer les factures de tous ces produits nécessaires à la prise en charge des malades». Les gestionnaires déplorent cet état de fait où ils sont soumis à un pouvoir décisionnel du contrôleur financier. Cette mesure prise dans «l’absolu» ne peut être appliquée de manière rigoureuse au même titre que les autres organismes publics. C’est également une porte ouverte à tous les dysfonctionnements qui mettront les malades dans des situations complexes, où certains seront dans l’obligation d’être orientés vers le privé, et ce, à leurs propres frais. source : elwatan
28 Juin 2016 à 12:59
Les dépenses de l’armée échappent au contrôle politique»
Consultant polyvalent dans les technologies civiles et militaires, le docteur Mohamed Belhocine revient dans cet entretien sur les marchés de l’armement et la corruption dans le domaine militaire. Il évoque aussi l’absence de contrôle politique sur les dépenses du ministère de la Défense, dont le budget est passé de 2,5 milliards de dollars en 2008 à 13 milliards de dollars en 2015. Le #budget du ministère de la #Défense vient en 1re position avant l’Education et l’Intérieur, alors que la gestion de cette manne échappe au contrôle politique. Peut-on connaître votre avis ? L’embellie financière qu’a connue le pays a été profitable à tous les secteurs et surtout à l’#armée. Mais la surliquidité s’est vite érodée. Au lieu de gérer cette aubaine comme un bon père de famille, le régime s’est amusé comme une cigale dispendieuse à la jeter par les fenêtres, en manipulant l’économie pour produire des rentes. Des fortunes considérables ont poussé comme des champignons sans rationalité et assise économiques. Ajouté à cela la mauvaise allocation des ressources, les gaspillages, les marchés octroyés de gré à gré, les surcoûts considérables sur des projets, le non contrôle des prix internationaux, etc. Nos recettes des hydrocarbures cumulées en 17 ans pleines ont atteint presque les 1300 milliards de dollars (et non 800 milliards de dollars comme veut nous le faire avaler la doxa officielle). Imaginez que l’#Algérie développe des projets industriels d’une valeur de 10 millions de dollars chacun. Avec 1300 milliards de dollars, nous aurions dû créer 130 000 projets sur l’ensemble du territoire national. Chacune des 1500 communes aurait dû bénéficier de 87 projets. Pour créer un poste d’emploi hautement qualifié, il faut 200 000 dollars. Chaque projet aurait pu créer 50 emplois qualifiés. Chaque commune aurait donc eu 4350 emplois hautement qualifiés, ce qui aurait donné 7 500 000 emplois au niveau national. A l’opposé, en 17 ans ce régime n’a même pas pu créer 35 000 emplois qualifiés. C’est un gigantesque gaspillage. Il nous faut un grand procès de ce régime. Si on revenait un peu à l’armée ; selon vous, est-elle épargnée par la corruption ? Je vous répondrais par l’affirmative si elle était soumise à un réel contrôle politique, mais ce n’est pas le cas. Nous avons des partis oligarchiques qui ne rêvent que de vivre avec leurs voitures de luxe flambant neuves sous les dorures du palais. En face, nous avons un système constitutionnel totalement vicié, adopté au vote à main levée, une supercherie qui fait de nous la risée des bien-pensants du monde. L’Etat est un ensemble d’organisations, ou plutôt l’organisation des organisations. L’armée est une organisation de l’Etat. La tragédie algérienne, c’est que l’Etat a monopolisé la politique qui n’est pas sa mission. Seule une démocratie nouvelle et participative nous mettra à l’abri. La tragédie, chez nous, c’est que notre armée n’est pas soumise à un contrôle politique. Ce n’est pas de sa faute. La nature a horreur du vide. Cela est imputable à la supercherie d’une fausse représentation corrompue. Le pouvoir s’arrache, personne ne vous le donnera, à moins que vous acceptiez d’être un vassal, un courtisan et un flagorneur et rentrer dans les petites compromissions d’épicier. Regardez le spectacle affligeant que nous offre cette caste qui tourne autour du pouvoir. Donc, déjà, dès le départ, le jeu est faussé. Nous avons un biais qui présente une forte propension à la corruption. Machiavel, en observant les principautés florentines au XVIe siècle a compris que tous les maux d’une société viennent d’un défaut de contrôle politique sur l’armée (que corroborera Max Weber au début du siècle dans son traité sur la Domination). La corruption de l’armée, en d’autres termes, implique la corruption de l’ordre politique tout entier, c’est-à-dire la destruction de l’éthique publique, le déchaînement des passions du pouvoir, la multiplication des foyers de violence allant à l’encontre des ordres sociaux et la distorsion de l’ordre patriotique. D’autre part, depuis la mort de Houari Boumediene, l’état-major s’est approprié la politique de façon indue sans interruption jusqu’à aujourd’hui ; c’est une usurpation de fonction, c’est un coup d’Etat permanent, ce n’est pas du tout sa mission. L’état-major profite parce qu’il y a un vide, cela l’arrange. Je vous dirais même que la situation lui est très confortable. Il se délecte de ce pouvoir total en se servant tous azimuts. C’est aux représentés de faire la politique parce qu’il s’agit de leur destin. Le peuple est la source du pouvoir. Mais le représenté, pauvre parmi les pauvres, exproprié de la chose qui lui revient, lutte seul dans la jungle sociale. Cette lourde responsabilité est à endosser par tous les partis sans exclusive qui ne sont pas enchâssés dans les véritables mouvements sociaux, ni fibrillés au cœur de la chair et des os de nos populations. Nos partis ne sont que des prototypes personnifiés d’oligarchies en place. Quand je vois le cirque de Mazafran, qui en termes d’actions concrètes n’apporte rien de tangible pour les mouvements sociaux, et sans oublier le lot des partis organiques folkloriques comme le FLN ou le RND dont la mission principale est de masquer les forfaitures «grandioses», pour paraphraser Sellal, du régime, je me dis que nous sommes loin d’être sortis de l’auberge. A partir de ce postulat, tout devient clair. Ces pauvres partis indigents, dans l’incapacité de produire du savoir politique, démunis de repères théoriques, n’ont pas encore compris la nature du pouvoir. Il ne survit que parce que nous acceptons d’y prendre part. Il y a une porte de sortie pour que ce pouvoir disparaisse : la désertion, la désobéissance, la résistance sont des armes redoutables dans la lutte contre la servitude volontaire. Le pouvoir ne peut survivre lorsque ses sujets s’émancipent de la peur. Que voulez-vous dire par désertion, désobéissance, résistance ? Il faut savoir que le capitalisme via son dispositif de guerres douce et dure et l’impérialisme a amorcé sa chute finale. Dans son dernier combat de «desesperado», le capitalisme-impérialisme, dos au mur, veut produire de nouvelles figures de subjectivité : des figures de la domination. L’hégémonie de la finance et des banques, comme par exemple le crédit à la consommation, qui chez nous vise à faire fonctionner les usines en France entre autres, a donné naissance à l’endetté qui croule sous les crédits et qui va travailler toute sa vie comme un forçat pour rembourser sa dette. Le contrôle mondial et national de l’information et des réseaux de communication a produit le médiatisé paralysé, aliéné par le trop-plein d’informations et leurs mensonges. Le régime sécuritaire, les guerres secrètes impérialistes et la généralisation des zones où pullulent des bandes armées ont fait surgir une figure en proie à la peur et aspirant à la protection : le sécurisé. Et la corruption de la démocratie (constitutive et inféodée au capital) avec ses systèmes de représentations politiques corrompues a donné forme à une figure étrange et dépolitisée : le représenté. Ces quatre figures subjectives constituent le terrain social sur lequel et contre lequel les mouvements de désertion, de désobéissance et de résistance, voire de révolte doivent agir. Seule l’intelligence de cet «être-ensemble», des mouvements sociaux, avec la figure du pauvre froissé dans sa chair et ses os au fronton, ont la capacité non seulement de refuser ces subjectivités, mais aussi de les inverser pour créer des figures capables d’exprimer leur indépendance et leur puissance d’agir politiquement. Ce sursaut ne se fera que si cet «être-ensemble» diffuse un apprentissage de la décision, lorsque l’endetté décide de ne pas payer sa dette ; lorsque le «médiatisé» décide d’éteindre la télévision, la radio, de ne plus lire les journaux, d’échapper au contrôle des médias et à leurs mensonges ; lorsque le sécurisé décide de devenir invisible et de ne plus avoir peur ; et lorsque le représenté refuse d’être gouverné par des représentants alimentaires, indignes et corrompus. Il nous faut un nouveau manifeste qui nous donne l’aperçu du monde à venir et donne naissance à des visions d’un nouveau monde. Les manifestes ont le pouvoir des anciens prophètes, capables de donner naissance à un peuple par la seule puissance de leur vision. L’armée est restée loin des affaires de corruption qui ont touché de nombreux secteurs. Selon vous, est-elle à l’abri de la corruption, ou échappe-t-elle aux investigations en raison de sa spécificité ? Ce vaste plan de projets militaires ne peut être mené avec succès de façon quasi clandestine et illégitime à l’insu du Parlement et de sa chambre basse. Eu égard aux gigantesques montants engagés de façon exceptionnelle et extraordinaire, l’Exécutif est tenu et astreint à soumettre ces dépenses au contrôle des représentants du peuple. Il faut rechercher le mobile réel et le souci de nos responsables à saisir cette opportunité de doter le pays de plusieurs projets d’armements qui ne reposent pas sur une véritable ossature. Il faut sonner l’alarme face aux abus de pouvoir les plus criants et insister sur la transparence dans l’exercice régulier de notre industrie de défense et du gouvernement. La problématique est la suivante : est-ce que les transactions militaires pour l’achat d’équipements ou d’armements sont transparentes ou non ? La réponse coule de source : non. Il faut reprendre la loi sur la corruption et bien lire l’article 9 dont la clarté est irrécusable : «Les procédures applicables en matière de marchés publics doivent être fondées sur la transparence, la concurrence loyale et des critères objectifs. A ce titre, elles contiennent notamment : la diffusion d’informations concernant les procédures de passation de marchés publics, l’établissement préalable des conditions de participation et de sélection, des critères objectifs et précis pour la prise des décisions concernant la passation des marchés publics, l’exercice de toute voie de recours en cas de non-respect des règles de passation des marchés publics». En clair, toute absence de transparence dans un marché public est assimilable à de la corruption. Un juge civil ou militaire intègre, qui a l’intime conviction qu’une transaction est non transparente, doit mettre aux arrêts sine die et sans quartier le responsable incriminé, quels que soient son rang, son grade, en attendant un procès et des investigations plus poussées. Voilà la démarche dans un Etat sain de «corps et d’esprit». Pour une petite somme de 100 000 dollars prise dans un marché de petite intendance, le ministre de la Défense russe a été carrément limogé. Pour vous donner un ordre de grandeur, 100 000 dollars, c’est comme si on prenait une commission de 5000 dollars en Algérie. Par contre, il y a tout un faisceau et une constellation d’indices sérieux qui s’accumulent et qui permettent de conclure que le MDN (ministère de la Défense nationale) n’est pas épargné par ce fléau. Dans notre pays, ce vaste programme d’industrialisation mené tambour battant, médiatisé, de façon hâtive, sans vision ni perspective, sans politique industrielle, sans organisme de planification scientifique a fini par être inséré et supervisé de façon aberrante, inadéquate et inappropriée dans une structure interne qui s’appelle la DFM (Direction de la fabrication militaire) et qui n’a aucune vocation industrielle. L’on ne comprend pas comment on peut acheter des canons comme s’il s’agissait de pommes de terre. Le matin, le chef réunit ses collaborateurs, ensuite le fournisseur est convié à signer le contrat dans des délais très rapides à la vitesse de l’éclair. Le chef et ses collaborateurs, droits dans leurs bottes, ne sont là que pour couper les barbelés pour les autres. Ils appliquent scrupuleusement les instructions et les injonctions qu’ils reçoivent des commanditaires qui gouvernent en se cachant. Dans le cas des Emiratis, l’intermédiaire était jordanien, il ne dérange pas. Par contre, les algériens, civils ou ex-militaires, dérangent. Ils sont persona non grata dans ce type de transaction, même s’ils proposent des produits de meilleure qualité et moins chers. La DFM aurait pu avoir cette vocation de direction de l’armement pour centraliser et cerner nos véritables besoins en armement grâce à des structures de pré-ingénierie et élaborer nos propres cahiers des charges. Mais cela n’est pas le cas. Que deviennent nos programmes de planification indicatifs de nos structures d’alerte et veille technologique militaires chargées d’affiner au mieux notre doctrine militaire et déceler des menaces ou opportunités sur de nouveaux types d’armes ? Nous n’en savons rien. Dans beaucoup de domaines, nos cahiers des charges sont traités à l’étranger. Des fois, on reprend carrément les spécifications du matériel russe. Le MDN a la même maladie que Sonatrach qui en 51 ans d’existence n’a pas su développer des structures d’ingénierie ou même de pré-ingénierie. En général, la mission de la DFM consiste à fixer des priorités, à élaborer et à délimiter des cahiers des charges que seul un véritable ministère de l’Armement aura compétence à exécuter vu la complexité et la lourdeur de la charge et de la tâche. Structurellement et consubstantiellement, elle est sous-dimensionnée. Pourtant, elle a mené cette vaste mission d’industrialisation militaire qui n’est pas sa vocation. Ce qui augurera un échec programmé, certain et incontestable. Si on faisait un audit économique, industriel et technologique, impartial et rigoureux, je suis convaincu que la conclusion sera effarante. Aucun n’aura été une réussi. De l’argent jeté à la poubelle. La DFM n’a ni les moyens humains, ni la mentalité propre aux capitaines d’industrie, ni les compétences, ni les expertises nécessaires, même si dans ses rangs existent et subsistent quelques hommes de valeur de façon éparse et qui sont marginalisés. Agé de 71 ans, celui qui dirige cette structure était chargé des achats de l’habillement militaire auprès d’une société publique de textile. Il faut impérativement un authentique et véritable lifting des ressources humaines des structures industrielles. Ces hommes de valeur incontestable seront tôt ou tard confrontés à une gigantesque entreprise herculéenne qui nécessite d’incommensurables moyens industriels et humains adéquats non disponibles. En sus, un des indices révélateurs de la corruption entretenue est qu’il existe une circulaire scélérate portant le nom de l’ex-vice-ministre de la Défense, écartant systématiquement tout Algérien initiateur (civil ou ex-militaire), apporteur ou promoteur de projet industriel avec des majors internationaux au bénéfice de notre pays. Regardez l’aberration. Les intermédiaires étrangers, jordaniens, qataris, tunisiens et émiratis sont acceptés alors que les algériens civils ou ex-militaires sont refusés. Ce fait du prince n’est que la conséquence tragique de l’absence totale d’un contrôle politique sur l’armée. «Les mauvaises armes font de mauvaises lois», disait Machiavel. L’évanescence et la disparition de notre souveraineté et indépendance nationales sont consubstantielles et inhérentes aux pratiques actuelles du pouvoir dont les conséquences se sont vite fait sentir depuis la mort de Houari Boumediene par, entre autres, l’extinction et le gel définitif de toute volonté politique. Les récents contrats, cadeaux et privilèges financiers et économiques sans annonces publiques et en sous-main visant à brader toute notre économie, gratuitement offerte aux américains et aux Français, est le résultat d’une course effrénée sur fond de rivalités politiques exacerbées entre divers clans du pouvoir finissant en Algérie, qui dans la durée ne cessent de quémander l’indulgence, le consentement, les satisfecit et le soutien à tout prix de l’occident pour leur maintien pérenne au pouvoir au détriment des intérêts économiques supérieurs de la nation algérienne, de sa prospérité, de son peuple et de sa jeunesse. Vous avez entièrement raison de dire que l’armée échappe aux investigations en raison de sa spécificité liée au secret de défense. Tout effort qui vise à discipliner ou à réprimer la transparence, la vitalité ou le désir de savoir de nos populations réduit leur productivité de représentés, d’où l’échec de la représentation en Algérie (entre autres). De ce fait, la transparence exige que l’opacité et le secret du pouvoir soient détruits. Ces qualités sont essentielles dans la production économique contemporaine, mais elles déterminent aussi de nouvelles contradictions qui concernent l’exercice du pouvoir et la légitimité de la représentation. C’est la figure même de l’«homme d’Etat» qui se trouve prise pour cible et que l’on finit par considérer comme une qualité indigne. Dans une réelle démocratie, la raison d’Etat ou le secret de défense n’ont pas de sens. Ces tabous doivent disparaître. Nous ne sommes pas sur une île. Tout achat d’équipements ou d’armements à l’étranger est rapidement identifié, d’abord par le grand pouvoir d’investigation des industries concurrentes (les majors internationaux bénéficient d’outils puissants d’investigation pour tout savoir sur la concurrence) qui fonctionnent pratiquement en réseau et en vase clos, sans oublier que les indiscrétions entre industries «amies» sont légion. Ensuite, les ONG qui reçoivent les «private communications» officieuses ou officielles de tout un maillage d’organisations et de marchands d’armes (les ONG, toutes sans exception, sont de véritables officines d’intelligence économique), et enfin les services de renseignements étrangers qui ont des contacts faciles avec les industries et d’autres structures utilisent des outils de mafieux et des procédés de gangsters prohibés par la loi. Le secret de défense est utilisé chez nous uniquement contre son propre peuple pour le laisser dans l’ignorance, l’apathie et l’abrutissement. Le secret de défense ne sera viable que si on avait notre propre industrie militaire. On ne cache que ce que nous pouvons fabriquer nous mêmes. Mais ce n’est pas le cas. En 2006, de nombreux cadres des forces marines ont été mis à la retraite après avoir été impliqués dans une affaire de corruption dans l’achat de sous-marins. Qu’en savez-vous ? Un sous-marin ce n’est pas un bathyscaphe de plaisance. C’est une arme de guerre redoutable. Un produit stratégique dissuasif d’une cruelle importance. Notre pays a besoin d’au moins vingt sous-marins d’attaque parce que ce sont des pièces importantes pour le dispositif et l’organisation de notre système de défense nationale et de protection de nos approvisionnements, nos ressources minières, énergétiques sous-marines et notre pool halieutique. Le progrès n’a pas négligé les sous-marins, devenant de plus en plus furtifs grâce à un saut technologique impressionnant des Russes. De plus, nos sous-marins peuvent fonctionner en réseaux avec d’autres (sous-marins) et plateformes (aériennes, terrestres et électromagnétiques) sur de très longues distances grâce aux progrès fulgurants de la communication sous-marine des fonds des mers, et dont le mérite revient aux Russes et aux Chinois. Nonobstant la période d’anarchie de la décennie rouge (90’) au niveau de l’institution du fait de l’embargo qui a mis l’Algérie à la merci du marché noir des armes, je dirais que théoriquement les procédures d’achat de l’armée sont strictement rigoureuses et ne permettent pas de tomber entre les mains des intermédiaires. Mais, dans tous les cas, la décision est politique. Elle dépasse le chef d’état-major de la marine. Lorsqu’il y a corruption, cela ne peut provenir que du sommet des sommets. Il y a peut-être eu complaisance dans les avis d’alignement techniques favorables. Mais cela reste peu probable. Si des officiers se sont fait prendre, cela peut être lié à la grosse intendance (construction, génie civil, dragage des ports...) ou à la petite intendance liée aux équipements, la pièce de rechange ou aux budgets de ravitaillement pour nos mariniers de bord. Cette incrimination peut être aussi injuste. Il peut s’agir d’une opération orientée, dans le seul but de faire déguerpir ces officiers du corps de la Marine. Ces dernières années, l’armée de l’air a connu de nombreux crashes, notamment de Mig achetés auprès des Russes. Selon vous, s’agit-il de matériels vétustes ou sommes-nous devant des équipements qui ne répondent pas aux normes ? Ce ne sont pas les avions qui sont vétustes, mais les pièces de rechange. Leur fabrication down-gradée, résistance des matériaux, soudures etc. ne répondait pas aux normes. Je m’explique. Par exemple, les soudures dans les fuselages des avions ou des hélicoptères sont soumises à de colossales contraintes mécaniques, physiques et thermiques pendant le vol, et cette fatigue des soudures va s’accumuler sur plusieurs centaines ou des milliers d’heures de vol. Si ces soudures ne sont pas faites dans les règles de l’art, elles vont rompre. C’est ce qu’on appelle dans le langage du métier un décollement. Comment peut-on s’en rendre compte ? Tout simplement en les inspectant soudure par soudure avec un appareil aux ultrasons dans le but de détecter d’éventuelles poches d’air, ce qui va permettre de refaire la soudure. Comme il y a des centaines de pièces, il faut des centaines d’opérations comme celle-là. L’armée a des équipes formidables qui assurent ce travail. S’il y a un secteur où il faut appliquer scrupuleusement le principe de précaution pour garantir le risque zéro, c’est bien celui de l’aéronautique. Déjà, à la livraison des 15 chasseurs Mig-29, entre 2006 et 2007, nos fins limiers de techniciens au sol et de bord ont découvert la vétusté et la mauvaise qualité de la pièce de rechange. Il fallait clouer au sol tous les appareils. Nous avons perdu nos meilleurs pilotes, les plus entraînés, morts en martyrs du devoir en service commandé. Il faut une décennie pour pouvoir les remplacer. Nos techniciens sont plus pragmatiques que les Russes et je donne raison aux nôtres plus qu’aux Russes. Je connais la valeur des miens quand ils sont compétents. Les deux «gangsters» Moussail Ismailov et Vladimir Borissov, respectivement directeurs des deux usines russes «Aviaremsnab» et «Aviatechnoservis» spécialisées dans la fabrication des pièces de rechange pour Mig ont été condamnés en première instance, en 2011, respectivement à 7 ans et demi de prison, 3 ans et 10 mois de prison, mais tous les deux ont été relaxés en deuxième instance. Quant aux responsables de la société Mig, le PDG Tsivilev Sergei et son adjoint Oleg Fadeyrev ont été relaxés. Qui rendra à l’Algérie ses pilotes martyrs ? L’armée s’est associée à une société émiratie pour réaliser des chars allemands. Pourquoi passer par une société émiratie et ne pas négocier directement avec le constructeur ? En fait, il faut savoir que les joint-ventures industrielles sont inutiles et contingentées avec les pays du golfe démunis de tous types de technologies et d’industries, sachant en sus que l’Algérie dispose de moyens financiers conséquents pour l’exercice de sa pleine souveraineté et de son indépendance au niveau militaire. Ces associations avec les pays du golfe persique ne sont mues que par le souci d’effacer toute traçabilité sur les commissions, de contourner et d’échapper au contrôle et aux chantages fiscaux, juridiques, voire politiques de la puissante Allemagne et d’autres puissances pour d’autres transactions. Une société étrangère qui a eu de gros marchés dans la sous-traitance et l’armement, maintenant parfaitement domiciliée en Algérie, a implanté de forts abris fiscaux à Doha et Dubaï dans le but de rétrocéder des commissions grâce à son «système» bien huilé et aguerri, raisons pour lesquelles les intervenants font appel à ses services. Par ailleurs, le Qatar et les Emirats restent très peu regardants sur les origines des fonds. Ce sont des paradis fiscaux. Les compagnies qui y sont domiciliées sont exemptées de tout contrôle fiscal. Elles n’ont pas à justifier des comptes ou commissions, ni fournir leurs bilans ou documents comptables. Une compagnie en Europe doit justifier dans le détail l’apport du travail effectué par le commissionné, donc il faut une véritable «ingénierie de la commission». Ce que ne savent pas faire les intervenants habituels et ce rôle est dévolu à cette société. Il faut pointer du doigt la chose suivante : les compagnies européennes et américaines sont contrôlées en permanence en temps réel (via un service intranet) par leurs administrations fiscales. Eu égard aux énormes montants à sortir des caisses des compagnies, tout payement de commissions est subsumé et hypostasié sous la forme d’un travail virtuel d’expertise finement détaillé, qui nécessite un vrai travail d’ingénierie de l’apport de l’intervenant, justifiant les soi-disant «services offerts». Seules des compagnies sœurs ou amies, entre autres, disposent de ces énormes moyens d’intelligence et d’ingénierie qui seront fournis et domiciliés à partir d’un territoire défiscalisé (ex-Dubaï, Lugano, Delaware, etc.) pour qu’en contrepartie les fonds puissent être virés, engrangés et au final rétrocédés selon diverses destinations, ou déposés dans des coffres de banque en liquide pour être récupérés sans traçabilité, parce que pour accéder à ces coffres, une clef anonyme et un code leur seront fournis par le commissionnant. Selon vous, les opérations d’achat d’armements sont-elles exécutées dans le cadre des dispositions du code des marchés publics, sachant qu’il s’agit dans la majorité des cas de procédures de gré à gré qui dépassent souvent le plafond des 100 millions de dollars prévus par la loi ? Nous vivons une véritable tragédie. Si ma mémoire ne me trahit pas, en 2010 le pouvoir s’est confectionné un costume selon ses dimensions, arguant d’un sempiternel contrôle de la commission nationale des marchés publics, mais derrière la façade réglementaire, le mobile était de faire des affaires. Evidemment, le pouvoir se protège, tire les choses par les cheveux, édicte des décrets anticonstitutionnels et en contradiction avec la loi sur la corruption qui gêne les intérêts de la coalition dominante. Mais cette fois-ci, l’artifice est grossier, arguant la raison d’Etat pour les gré à gré qui sont dorénavant autorisés pour de lourds montants de marchés publics. Mais derrière ce fait du prince se cache le rôle de vassal et de subordination à l’impérialisme. C’est un acte désespéré pour dilapider les deniers de la nation. Cette mesure, je la considère comme un acte d’indignité nationale. Pourquoi on déteste tant l’Algérie ? Sommes-nous un pays occupé ? C’est la «gouvernance» de la vengeance. Source EL WATAN
28 Mai 2016 à 13:29





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