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L'Arabie saoudite confirme que Khashoggi a été tué au consulat d'Istanbul

International - Orient - 20 Oct 2018 à 16:44

L’Arabie saoudite a reconnu samedi que le journaliste saoudien Jamal Khashoggi avait été tué à l’intérieur de son consulat à Istanbul, a annoncé l’agence de presse officielle saoudienne SPA.“Les discussions entre #Jamal #Khashoggi et ceux qu’il a rencontrés au consulat du royaume à #Istanbul (...) ont débouché sur une rixe, ce qui a conduit à sa mort”, a déclaré l’agence, citant le parquet.En rendant publics les résultats de son enquête interne sur la disparition du journaliste, une affaire au retentissement mondial, l’#Arabie #saoudite a annoncé simultanément le limogeage d’un haut responsable du renseignement.“Ahmad al-Assiri, vice-président du service général de renseignement, a été renvoyé de sa fonction”, a indiqué SPA, citant un décret royal.Un conseiller de haut rang à la cour royale a lui aussi été limogé, selon la même source.Les médias officiels ont également annoncé que le roi Salmane d’Arabie saoudite avait ordonné au prince héritier Mohammed ben Salmane, dit MBS, de restructurer les services de renseignement.L’annonce de SPA confirmant la mort du journaliste au consulat est intervenue peu après une nouvelle conversation téléphonique sur l’affaire Khashoggi entre le président turc Recep Tayyip Erdogan et le roi Salmane.Les deux dirigeants, qui se sont entretenus vendredi soir, “ont souligné l’importance de continuer à travailler ensemble en complète coopération”, selon une source à la présidence turque parlant sous le couvert de l’anonymat.M. Erdogan et le roi avaient eu dimanche dernier une première conversation téléphonique sur la disparition du journaliste.Critique envers le prince héritier, Jamal Khashoggi, qui vivait en exil aux Etats-Unis, n’avait plus reparu depuis qu’il s’était rendu au consulat à Istanbul le 2 octobre pour une démarche administrative.Des responsables turcs affirmaient sous le couvert de l’anonymat qu’il y avait été assassiné par un commando spécialement envoyé de Ryad. Jusqu’à ce samedi matin, la direction saoudienne avait toujours démenti être impliquée dans sa disparition.La reconnaissance de sa mort par Ryad est intervenue alors que l’administration du président américain Donald Trump avait adressé vendredi une nouvelle mise en garde à l’Arabie saoudite, évoquant de possibles sanctions s’il s’avérait qu’elle était derrière la disparition du journaliste. Conséquences “très graves” Interrogé vendredi, M. Trump avait prévenu “qu’il pourrait” y avoir des sanctions contre son allié saoudien, précisant alors qu’il était encore trop tôt pour tirer des conclusions.Ménageant dans un premier temps le royaume sunnite au nom des intérêts stratégiques communs, Donald Trump avait admis pour la première fois jeudi que ce journaliste était très probablement mort, menaçant l’Arabie saoudite de “très graves” conséquences.“Nous allons certainement envisager une large gamme de réponses potentielles” si Ryad est responsable, avait abondé vendredi dans une interview à Voice of America, Mike Pompeo. Mais le secrétaire d’Etat américain s’était empressé de préciser que l’important était “que les faits apparaissent au grand jour”. M. Pompeo n’a pas détaillé les éventuelles sanctions qui pourraient être prises. Mais les dirigeants américains ont manifesté leur intention de travailler de concert avec le Congrès, où plusieurs élus républicains se sont dit outrés par les circonstances de la disparition du journaliste.
Affaire Jamal Khashoggi : la police turque fouille le consulat saoudien à Istanbul
Le journaliste saoudien, très critique du régime saoudien, s’était exilé aux Etats-Unis il y a un an. Il est porté disparu depuis le 2 octobre, date à laquelle il s’est rendu au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul.Les locaux du consulat d’Arabie saoudite à Istanbul ont été perquisitionnés, lundi 15 octobre, dans le cadre de l’enquête sur la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.Un convoi de six voitures est arrivé au consulat sous haute sécurité peu après 19 heures. Les policiers, certains en uniforme et d’autres en civil, sont immédiatement entrés dans le bâtiment pour commencer leurs recherches. Un groupe de responsables saoudiens censés participer à la fouille est arrivé au consulat près d’une heure avant la police turque.Cette fouille intervient au lendemain d’un entretien téléphonique entre le président turc, Recep Tayyip Erdogan, et le roi Salmane d’Arabie au cours duquel ils ont évoqué le cas de M. Khashoggi.Jamal Khashoggi, qui s’était exilé aux Etats-Unis il y a un an, craignant que ses opinions ne lui valent des représailles, est porté disparu depuis le 2 octobre, jour où il s’est rendu au consulat. Au cours de l’année écoulée, il a dénoncé dans des articles publiés par le Washington Post l’attitude de Riyad à l’égard du Qatar, la guerre du Yémen et la répression politique ou la censure dans son pays.Sa fiancée assure qu’il n’en est pas ressorti. Selon des sources proches des services de sécurité turcs, il y a été tué par une équipe d’une quinzaine de Saoudiens, repartis le jour même dans leur pays. M. Erdogan a pressé à plusieurs reprises, en vain, les autorités saoudiennes de présenter des images prouvant que M. #Khashoggi avait bel et bien quitté le consulat. #Riyad dément formellement les accusations d’assassinat et a accepté de participer à l’enquête. Une délégation saoudienne est arrivée vendredi en #Turquie.Pression internationaleLe président américain, Donald Trump, a estimé que l’Arabie saoudite pourrait être derrière la disparition de Jamal Khashoggi. « En l’état actuel des choses, il semble que, peut-être, on ne va plus le revoir, et c’est très triste, a déclaré samedi M. Trump au sujet du journaliste. Notre premier espoir était qu’il n’ait pas été tué, mais peut-être que les choses ne s’annoncent pas bien. »Plus tard dans la journée, Donald Trump a déclaré dans un tweet s’être entretenu avec le roi Salmane d’Arabie saoudite, qui lui a dit « ignorer » le sort du journaliste saoudien disparu. Le président américain a également annoncé qu’il envoyait son secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, en Arabie saoudite pour s’entretenir directement avec le roi Salmane.La France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont conjointement demandé, dimanche, à l’Arabie saoudite et à la Turquie une « enquête crédible » sur sa disparition. « Défendre la liberté d’expression et une presse libre, et assurer la protection des journalistes sont des priorités essentielles pour l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France », ont déclaré dans un communiqué commun les ministres des affaires étrangères de ces trois pays.Boycott du « Davos du désert »Lundi matin, la Bourse saoudienne est repartie à la hausse au lendemain d’une sévère chute sur fond de tensions liée à la disparition de M. Khashoggi. Alors que les investisseurs s’enthousiasmaient il y a encore quelques semaines pour des projets économiques pharaoniques du prince héritier, l’affaire Khashoggi semble en avoir refroidi certains.Le milliardaire britannique Richard Branson a annoncé geler plusieurs projets dans le royaume, et des partenaires prestigieux, tels que les PDG des sociétés de gestion d’actifs Blackrock et Blackstone, Larry Fink et Steve Schwarzman, ont annulé leur participation au « Davos du désert », la deuxième édition de la conférence Future Investment Initiative, organisée du 23 au 25 octobre à Riyad.Le PDG de JP Morgan, James Dimon, ne s’y rendra pas non plus, selon la banque américaine. Cher au prince héritier, l’événement est également boudé par des médias comme le Financial Times, le New York Times et The Economist, mais aussi par le patron d’Uber. Pour beaucoup de multinationales, participer à cette conférence comporte des risques en matière de réputation, qui « l’emportent sur les bénéfices qu’elles auraient pu tirer de l’économie saoudienne », selon Michael Stephens, du centre de réflexion londonien Royal United Services Institute.
15 Oct 2018 à 21:24
Journaliste saoudien disparu : l’affaire prend le tour d’une crise diplomatique
Après Donald Trump, le président turc Erdogan, et le ministre des affaires étrangères britannique ont tancé l’Arabie saoudite sur la disparition de Jamal Khashoggi.Après le mystère d’une #disparition inquiétante puis une enquête, dont la progression tend à accréditer la thèse d’un assassinat politique commis sur ordre de la monarchie saoudienne, l’affaire #Jamal #Khashoggi commence à prendre le tour d’une crise diplomatique. Le journaliste, critique très en vue du pouvoir en place à Riyad, n’a pas donné signe de vie depuis le 2 octobre, date à laquelle il s’est rendu au consulat saoudien à Istanbul afin de remplir des formalités administratives. Plus d’une semaine plus tard, les réactions diplomatiques à l’encontre de l’Arabie saoudite tombent, y compris en provenance des alliés les plus proches du royaume.« Graves conséquences »Jeudi 11 octobre, c’est Londres, soutien zélé de Riyad dans le conflit qui l’oppose aux rebelles houthistes au Yémen, qui a déclaré par la voix de Jeremy Hunt, son ministre des affaires étrangères, que les autorités saoudiennes s’exposeraient à de « graves conséquences » si elles s’avéraient responsables de la disparition de M. Khashoggi. « Si les Saoudiens veulent parvenir à une conclusion satisfaisante (dans cette affaire), nous devons trouver M. Khashoggi. Ils disent que ces accusations ne sont pas vraies, alors où est M. Khashoggi ? », a dit le ministre. « Nous sommes extrêmement inquiets », a insisté M. Hunt, disant avoir fait part de sa « vive préoccupation » à l’ambassadeur saoudien à Londres et au ministre des affaires étrangères saoudien.Plus tôt dans la journée, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, déjà en délicatesse avec Riyad avant même la disparition de M. Khashoggi, a employé un ton plus menaçant qu’à l’accoutumée, avertissant que la Turquie ne resterait pas sans rien faire au sujet du journaliste saoudien disparu. Depuis le début de l’enquête, Ankara affirme qu’il n’est jamais ressorti du bâtiment du consulat saoudien à Istanbul, alors que Riyad assure le contraire. Des images de vidéosurveillance tournées à l’extérieur du consulat ont déjà été diffusées par les médias turcs montrant le journaliste y entrer puis un va-et-vient de véhicules, alors que les Saoudiens ont affirmé que les caméras du consulat ne fonctionnaient pas ce jour-là.« La Turquie ne restera pas silencieuse »Se montrant sceptique, le président Erdogan a souligné dans des propos rapportés jeudi que l’Arabie saoudite a les systèmes de vidéosurveillance « les plus avancés ». A bord de l’avion qui le ramenait d’une visite à Budapest, il a déclaré à des journalistes, employant des termes imagés, que « si un moustique sort (du consulat), leurs systèmes de caméras vont l’intercepter ».La chaîne publique turque en langue anglaise TRT World a quant à elle rapporté mardi que les autorités turques soupçonnaient un groupe de Saoudiens venus à Istanbul le jour de la disparition du journaliste d’être repartis avec les images de vidéosurveillance de la représentation diplomatique. Tout en se montrant prudent, le président Erdogan a fait part des « inquiétudes » d’Ankara au sujet du journaliste et a ajouté : « Cet incident s’est déroulé dans notre pays. Nous ne pouvons rester silencieux ». Bien que les autorités turques aient obtenu mardi l’autorisation d’inspecter le consulat saoudien, la fouille n’a pas encore eu lieu. Contrairement aux déclarations de Donald Trump, des sources diplomatiques turques ont démenti toute coopération avec des enquêteurs américains dans cette affaire.Embarras croissant des OccidentauxMercredi, le président des Etats-Unis, Donald Trump, avait déjà fait part de la « déception » de Washington à l’égard de son allié saoudien. A l’occasion d’une conférence de presse, il a déclaré mercredi s’être entretenu « au plus haut niveau » avec les Saoudiens, et ce « plus d’une fois », au sujet du journaliste. « Nous sommes très déçus de voir ce qui se passe. Nous n’aimons pas ça » et « nous voulons savoir ce qui se passe là-bas », a-t-il assuré.La Maison Blanche a précisé que deux des plus proches conseillers du président, son gendre Jared Kushner et le responsable du conseil de sécurité nationale, John Bolton, avaient parlé mardi au prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane. M. Kushner est connu pour sa proximité avec le très puissant prince, dont la dérive autoritaire et les aventures guerrières au Yémen suscitent l’embarras croissant de ses alliés occidentaux. A ce stade, la France qui entretient des relations privilégiées avec le royaume n’a pas émis de position sur l’affaire.
13 Oct 2018 à 00:17
Nadia Murad, de l'esclavage des jihadistes au Nobel de la paix
Nadia Murad, une Irakienne victime du groupe jihadiste Etat islamique (EI) et devenue porte-parole de sa communauté yazidie, donne un discours durant le congrès fédéral du parti vert allemand à Berlin, le 17 juin 2017.A 25 ans, Nadia Murad a survécu aux pires heures traversées par son peuple, les Yazidis d’Irak, jusqu’à en devenir une porte-parole respectée et à décrocher le #Nobel de la #paix.Nadia Murad et le médecin congolais Denis Mukwege, qui a également reçu cette récompense vendredi, oeuvrent à “mettre fin à l’emploi des violences sexuelles en tant qu’arme de guerre”, selon le comité Nobel.Jeune fille au visage fin et pâle encadré par de longs cheveux bruns, Nadia Murad aurait pu couler des jours tranquilles dans son village de Kosho, près du bastion yazidi de Sinjar (nord irakien), une zone montagneuse coincée aux confins de l’Irak et de la Syrie.Mais la percée fulgurante des jihadistes du groupe Etat islamique (EI) en 2014 en a décidé autrement.Un jour d’août, sur des pick-up surmontés de leur drapeau noir, ils ont fait irruption, tué des hommes, transformé en enfants-soldats les plus jeunes et condamné des milliers de femmes aux travaux forcés et à l’esclavagisme sexuel.Aujourd’hui encore, Nadia Murad ―comme son amie Lamia Haji Bachar, avec laquelle elle obtenait en 2016 le prix Sakharov du Parlement européen― n’a de cesse de répéter que plus de 3.000 Yazidies sont toujours portées disparues, probablement encore captives.- Torture, viols, conversion forcée -Les jihadistes ont voulu “prendre notre honneur mais ils ont perdu leur honneur”, affirmait aux eurodéputés européens celle qui a été nommée “Ambassadrice de l’ONU pour la dignité des victimes du trafic d’êtres humains”.Ce trafic, Nadia Murad l’a vécu dans sa chair. Conduite de force à Mossoul, la “capitale” irakienne du “califat” autoproclamé de l’EI ―reprise il y a plus d’un an―, son calvaire a duré durant de longs mois. Torture, viols collectifs, vente puis multiples reventes sur les marchés aux esclaves des jihadistes, reniement forcé de sa religion: rien ne lui aura été épargné.Car pour les combattants de l’EI et leur interprétation ultra-rigoriste de l’islam, les Yazidis sont des hérétiques.Kurdophones, les fidèles de cette religion ésotérique ancestrale croient au Dieu unique et au “chef des anges”, représenté par un paon.Comme des milliers d’autres Yazidies, Nadia Murad a donc été “mariée” de force à un jihadiste qui l’a battue, racontait-elle lors d’un poignant discours devant le Conseil de sécurité de l’ONU à New York.“Incapable d’endurer tant de viols et de violence”, selon ses propres mots, elle a pris la fuite, un projet qu’elle parvient à mettre à exécution grâce à l’aide d’une famille musulmane de Mossoul.Avec de faux papiers d’identité, elle gagne le Kurdistan irakien, à quelques dizaines de km à l’est de #Mossoul, où elle rejoint les cohortes de déplacés entassés dans des camps.- “Le combat nous a rassemblés” -Là, après avoir appris la mort de six de ses frères et de sa mère, elle prend contact avec une organisation d’aide aux Yazidis qui l’aide à retrouver sa soeur en Allemagne.C’est dans ce pays, où elle vit toujours et dont elle loue régulièrement l’accueil des Yazidis, qu’elle s’éveille au militantisme et devient une porte-parole écoutée de son peuple, qui comptait 550.000 membres en Irak avant 2014. Aujourd’hui, près de 100.000 d’entre eux ont quitté le pays et d’autres sont déplacés au #Kurdistan.C’est depuis l’Allemagne qu’elle mène “le combat de (son) peuple”, selon ses mots: faire reconnaître les persécutions commises en 2014 comme un génocide.Pour ça, les #Yazidis ont une allié de taille: Amal Clooney, l’avocate et militante des droits de l’Homme libano-britannique, qui a d’ailleurs préfacé le livre de Nadia Murad, “Pour que je sois la dernière”, paru en français en février.Il y a un an exactement, après son appel, le Conseil de sécurité de l’ONU s’est engagé à aider l’Irak à réunir des preuves des crimes.Et le “combat” de #Nadia #Murad lui a aussi parfois réservé de bonnes surprises. Le 20 août, la jeune femme a annoncé sur Twitter ses fiançailles avec un autre militant de la cause yazidie, Abid Shamdeen.“Le combat pour notre peuple nous a rassemblés et nous poursuivrons ce chemin ensemble”, écrivait-elle.En dessous, une photo montrait le jeune homme, un bras sur les épaules de Nadia Murad, dont le visage toujours encadré par ses longs cheveux bruns était barré, cette fois, d’un grand sourire.
05 Oct 2018 à 14:48
L’Iran à l’épreuve de la stratégie américaine de déstabilisation
Des milliers de personnes se sont rassemblées, dimanche, pour un cinquième jour consécutif de protestation un peu partout en #Iran. Ces derniers jours, plusieurs villes ont été le théâtre de manifestations sporadiques et de grèves, fruits de l’inquiétude grandissante et d’un sentiment de colère envers le système politique.La population manifeste contre la montée en flèche du chômage et la chute spectaculaire de la monnaie nationale, le rial iranien, alors que le pays se prépare au retour des #sanctions #américaines dès ce lundi 06 août. Des sanctions qui font partie d’une stratégie américaine de déstabilisation, comprenant des volets économique, militaire et de propagande.Face à cela, le régime iranien, qui peine à contenir la contestation, est de plus en plus divisé entre d’un côté, un Hassan Rohani fragilisé et un gouvernement réformateur dont la ligne conciliatrice avec l’Occident a échoué, et de l’autre, les ailes conservatrices et l’armée partisanes d’une ligne dure aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur.Des protestations de plus en plus étenduesLa police aurait tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc pour tenter de réprimer les manifestations qui se déroulent depuis lundi 30 juillet, mais sans succès jusqu’à présent, puisque les troubles se sont répandus dans au moins 10 villes du pays.Des images et vidéos non-authentifiées publiées sur les réseaux sociaux ont montré des centaines de personnes furieuses se rassemblant à Ispahan, la troisième ville iranienne, avec des pneus enflammés et des véhicules de police incendiés en réponse aux gaz lacrymogènes de la police. Des médias iraniens ont également fait état de manifestations dans les villes de Chiraz et Ahvaz, au sud du pays ainsi que dans les villes de Mashhad, Sari et Karaj, à l’ouest de Téhéran.Selon les observateurs, ces manifestations inattendues qui semblaient avoir été lancées sur les réseaux sociaux sans planification apparente, constituent une menace majeure pour le régime du fait qu’elles aient rassemblé les classes à revenu faible et intermédiaire dans un même élan de protestation.Une situation économique difficileAvant même l’annonce des sanctions américaines, des manifestations plus importantes avaient eu lieu en Iran dans plus de 80 villes en décembre et en janvier derniers lors desquelles 25 personnes avaient été tuées et des milliers d’autres arrêtées. La raison de ces troubles était déjà les difficultés économiques dans lesquelles se débat le pays depuis les sanctions occidentales de 2012 accentuées par la chute des cours du pétrole de 2014.— PublicitéLes Iraniens font face à une très forte inflation des prix des produits de première nécessité et des denrées alimentaires qui ont augmenté de plus de 60%. Le chômage frappe 12% de la population selon l’Organisation internationale du travail (OIT) et 26% de la jeunesse qui représente 30% de la population.Le système bancaire iranien quant à lui, étranglé par la dette, n’arrive pas à financer une économie très bureaucratisée alors que les investissements directs étrangers ne dépassent pas les 3,4 milliards de dollars en raison de la frilosité des entreprises et banques étrangères à commercer avec l’Iran en raison de la menace des sanctions américaines.La monnaie nationale, le rial, a perdu près de 80% de sa valeur depuis 2015. Il a perdu près des deux tiers de sa valeur en six mois.La mauvaise gestion de l’économie et la corruption sont aussi des fléaux qui gangrènent l’économie iranienne. Les classes populaires iraniennes qui portent les mouvements de protestations sont excédées par les conditions de la vie quotidienne qu’elles imputent aux passe-droits et détournements de fonds publics dont se rendraient coupables les proches des élites dirigeantes.À cette situation économique tendue, se sont ajoutées les tensions internationales avec les États-Unis et l’annonce de ces derniers d’établir un régime renforcé de sanctions, que le président américain Donald Trump a souhaité qu’elles soient « les plus dures de l’histoire ».Volonté américaine de déstabiliser l’IranDans la foulée du retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien, l’administration Trump a mis en place une stratégie de déstabilisation de l’Iran comprenant des volets économique, militaire et de propagande anti-iranienne.Au plan économique, l’administration Trump a annoncé l’imposition de sanctions sur l’Iran en deux phases, l’une pour le 6 août et l’autre pour le 04 novembre prochain.La première phase comprendra des blocages sur les transactions financières, les importations de matières premières et les achats dans les secteurs de l’automobile et de l’aviation. La seconde phase des sanctions économiques touchera le secteur des hydrocarbures et les capacités de paiement de la banque centrale iranienne.L’administration Trump a même pressé ses alliés de mettre fin à toute importation de pétrole iranien avant le 4 novembre sous peine de sanctions. Cela pourrait faire tomber les exportations iraniennes de pétrole de 2,4 millions de barils par jour à 700.000 d’ici la fin de l’année.Sur le plan militaire, l’administration Trump est en train de déployer des efforts pour la création d’une alliance militaire anti-iranienne avec les pays du Golfe, l’Égypte et la Jordanie. Cette alliance consistera en une coopération plus étroite avec ces pays sur la défense antimissile, l’entraînement militaire et le contre-terrorisme.L’administration Trump espère que cette initiative, officieusement appelée « OTAN arabe » mais qui prendrait le nom officielle d’Alliance stratégique pour le Moyen-Orient (ASMO), pourrait être discutée lors d’un sommet prévu à Washington les 12 et 13 octobre prochains.Trump souffle le chaud et le froidL’administration Trump a lancé une campagne de désinformation et de déstabilisation en ligne destinée à fomenter des troubles en Iran et retourner la population iranienne contre ses dirigeants. Les observateurs estiment que les objectifs à minima de cette campagne sont de « faire pression sur l’Iran pour qu’il mette un terme à son programme nucléaire et à son soutien aux milices dans la région » ou au mieux qu’elle réussisse à faire tomber le régime de Téhéran.Dans le même temps, une semaine après avoir lancé des menaces dans un Tweet d’une rare violence à l’encontre du président iranien, Hassah Rohani, Donald Trump a déclaré le 30 juillet, être disposé à rencontrer les dirigeants iraniens « sans préconditions » et « quand ils veulent ».Le président américain est en train de s’essayer à la même stratégie qui a été appliquée aux Nord-Coréens – et aux Européens – à savoir, l’intimidation et la pression pour amener les adversaires à faire des concessions tout en laissant la porte ouverte aux négociations.Mais il n’est pas sûr que cela puisse marcher avec les Iraniens, car Hassan Rohani n’a pas la même marge de manœuvre qu’un Kim Jong-il. Hassan Rohani doit composer avec le guide suprême, Ali Khamenei, l’armée et surtout les Gardiens de la révolution qui sont les partisans de la ligne dure au sein du régime iranien.pourrait bien que cette stratégie de déstabilisation américaine y soit pour quelque chose dans la montée en puissance de ces manifestations qui prennent pour cible un régime de plus en plus divisé.Un président esseulé et un régime diviséLe président Iranien, Hassan Rohani, est d’autant plus fragilisé par ces troubles internes qu’il était déjà contesté par les ailes les plus dures du régime sur sa ligne avec les Occidentaux jugée trop conciliante.Arrivé au pouvoir en 2013 grâce à une ligne réformatrice, Hassah Rohani est réélu confortablement en 2017 malgré un bilan économique jugé problématique.L’accord sur le nucléaire de 2015 était sa principale réussite jusqu’à l’arrivée de Donald Trump qui lui a enlevé ce sur quoi Hassan Rohani misait pour redresser la situation économique du pays, c’est-à-dire une normalisation des relations économiques avec l’Occident.De fait, Rohani n’a pu ni réduire le chômage ni lutter contre la corruption et encore moins relancer l’économie en l’absence d’investissements étrangers. Il prévoyait que ces derniers atteindraient un niveau de 50 milliards de dollars après l’entrée en vigueur de l’accord mais ils n’ont été que de 3,4 milliards de dollars.président iranien avait cependant réussi à baisser l’inflation durant son premier mandat mais celle-ci est récemment repartie à la hausse. Il avait aussi réussi à améliorer le réseau internet mais sans pour autant obtenir d’avancée sur la censure frappant les réseaux sociaux en Iran, notamment la messagerie Telegram, très populaire au sein de la jeunesse.Sur les droits civils, le bilan de Rohani est aussi peu éloquent. Mis-à-part un assouplissement des lois concernant le port du voile pour les femmes, il n’a rien pu obtenir des franges les plus dures du régime concernant le sort des prisonniers politiques.Avec un taux de réalisation des promesses électorales de 20%, Hassan Rohani a perdu le soutien d’une large partie de la population.Le retrait américain de l’accord sur le nucléaire a fini par lui aliéner le peu de sympathie qu’il avait au sein de l’armée, surtout parmi les Gardiens de la révolution qui sont les partisans de la ligne dure vis-à-vis de l’Occident au sein du régime iranien.D’ailleurs ces derniers, détenant un vaste empire économique qui pourrait bénéficier de la fin de l’accord sur le nucléaire iranien, ont instamment demandé au président de freiner la chute du rial et la montée de l’inflation.Face aux troubles secouant le pays, les conservateurs au sein du régime, dont Ali Khameinei, Guide suprême de la révolution islamique, est le chef de file, ont quant-à-eux appelé à soutenir le président au nom de l’unité nationale, malgré le peu d’estime qu’ils ont pour lui.
07 Aoû 2018 à 13:03
Arabie saoudite: des femmes au volant, après la fin de l'interdiction
HAMAD I MOHAMMED / REUTERSL’interdiction aux femmes de conduire qui était en vigueur depuis des décennies en Arabie saoudite a été levée dimanche, et des conductrices ont aussitôt commencé à circuler dans les rues de Ryad.Mettant fin à une interdiction unique au monde, l’Arabie saoudite autorise les femmes à conduire depuis dimanche 00h00 heure locale, une réforme historique pour le royaume ultraconservateur.Aussitôt après l’expiration de l’interdiction, des femmes ont commencé dans la nuit à sillonner au volant les avenues brillamment éclairées de la capitale Ryad et d’autres villes du royaume. Certaines avaient mis à fond la stéréo de leur véhicule.“C’est un événement historique pour chaque Saoudienne”, a déclaré Sabika al-Dosari, une présentatrice de la télévision saoudienne, avant de traverser la frontière avec le Bahrein à bord d’une berline.“C’est une grande réussite”, a dit un prince saoudien, le milliardaire Al-Walid ben Talal, dans une vidéo où l’on voit sa fille Reem en train de conduire un 4x4 tandis que ses petites-filles applaudissent sur la banquette arrière.“Maintenant les femmes ont leur liberté”, a déclaré le prince dans cette vidéo diffusée sur Twitter.Annoncé en septembre 2017, ce changement historique inspiré par le prince héritier Mohammed ben Salmane fait partie d’un vaste plan de modernisation du riche pays pétrolier. L’#interdiction de #conduire était devenue le symbole du statut inférieur des Saoudiennes, décrié à travers le monde.On s’attendait à ce que des milliers de conductrices prennent le volant dès dimanche, une journée attendue depuis longtemps par les Saoudiennes et qui, pour beaucoup, pourrait faire entrer dans une nouvelle ère la société de ce royaume régi par une version rigoriste de l’islam.“C’est un pas important et une étape essentielle pour la mobilité des femmes”, a commenté Hana al-Khamri, auteure d’un livre à paraître sur les femmes dans le journalisme en Arabie saoudite.“Les #femmes en #Arabie #saoudite vivent dans un système patriarcal. Leur donner le volant aidera à défier les normes sociales et de genre qui entravent la mobilité, l’autonomie et l’indépendance”, estime-t-elle.Pour beaucoup de femmes, saoudiennes ou expatriées, cette mesure permettra de réduire leur dépendance à l’égard des chauffeurs privés ou des hommes de leurs famille, entraînant du même coup des économies financières.“C’est un soulagement”, a déclaré à l’AFP Najah al-Otaibi, analyste au centre de réflexion pro-saoudien Arabia Foundation. “Les Saoudiennes éprouvent un sentiment de justice. Pendant longtemps, elles se sont vu refuser un droit fondamental qui les a maintenues confinées et dépendantes des hommes, rendant impossible l’exercice d’une vie normale”, explique-t-elle. Impact économiqueEn juin, le royaume a délivré les premiers permis de conduire à des femmes. Certaines ont échangé leur permis étranger contre un permis saoudien après avoir passé un test.Quelque trois millions de femmes pourraient se voir attribuer un permis et commencer à conduire d’ici 2020, selon le cabinet de consultants PricewaterhouseCoopers.Des auto-écoles pour femmes ont vu le jour dans des villes comme Ryad et Djeddah. Certains Saoudiennes apprennent même à dompter des motos Harley Davidson, dans des scènes inimaginables il y a encore un an.Beaucoup de Saoudiennes ont partagé sur les réseaux sociaux leurs projets pour dimanche, annonçant qu’elles accompagneraient leur mère boire un café ou manger une glace, une expérience à priori banale ailleurs dans le monde mais qui paraît exceptionnelle pour le pays.Pendant des décennies, les conservateurs se sont servis d’interprétations rigoristes de l’islam pour justifier l’interdiction de conduire, certains allant même jusqu’à dire que les femmes ne sont pas assez intelligentes pour être au volant.Sur le plan économique, les retombées peuvent être bénéfiques, selon des experts. La levée de l’interdiction devrait stimuler l’emploi des femmes, et, selon une estimation de Bloomberg, ajouter 90 milliards de dollars à l’économie d’ici à 2030.Mais nombre de femmes craignent de rester la cible des conservateurs dans un pays où les hommes gardent le statut de “tuteurs” et décident à leur place.En effet, les Saoudiennes doivent sortir voilées et restent soumises à de strictes restrictions: elles ne peuvent ni voyager, ni étudier, ni travailler sans l’autorisation de leur mari ou d’un homme de leur famille, ni manger seules dans un restaurant.Le gouvernement a récemment pris des mesures contre les abus masculins en punissant le harcèlement sexuel de cinq ans d’emprisonnement et d’une amende de 300.000 rials (69.000 euros). RépressionSous l’impulsion du prince Mohammed, devenu héritier du trône il y a un an, le pays a aussi autorisé l’ouverture des salles de cinéma et les concerts mixtes, signe de son intention de revenir à un “islam modéré”.Mais l’enthousiasme créé par l’annonce des réformes semble entaché par une répression contre les militantes qui se sont entre autres longtemps opposées à l’interdiction de conduire.Selon les autorités, sur 17 personnes dernièrement arrêtées, neuf sont toujours en prison. Elles sont accusées d’avoir porté atteinte à la sécurité du royaume et d’avoir aidé les “ennemis” de l’Etat saoudien.Des journaux progouvernementaux ont publié à la Une des photos de certaines de ces personnes, accompagnées du mot “Traîtres”.Human Rights Watch (HRW) a indiqué cette semaine que deux autres militantes, Nouf Abdelaziz et Maya al-Zahrani, avaient été arrêtées, dénonçant “une vague incessante de répression”.
24 Juin 2018 à 23:19
Gaza-Egypte : à Rafah, la frontière s’ouvre mais les barbelés s’élèvent toujours
Tout en ouvrant le poste-frontières de Rafah, l’Egypte érige des barbelés délimitant la zone- tampon, longue de treize kilomètres et large de cinq, séparant son territoire de la bande de #Gaza.L’#Egypte est en train d’ériger dans la région de #Rafah (Nord-Sinaï) une clôture barbelée marquant la limite de la zone-tampon séparant son territoire de la bande de Gaza. C’est ce que rapporte le journal égyptien Mada Masr citant des « témoins oculaires » selon lesquels cette opération a commencé il y a quelque deux semaines.Cette clôture barbelée vient doubler, sur le sol égyptien, une autre érigée sur le tracé des frontières entre l’Egypte et Gaza, territoire soumis par l’Etat d’Israël à un siège meurtrier depuis que le mouvement Hamas en a pris le contrôle, en 2007. Les sources citées par le journal électronique égyptien indiquent qu’elle a été achevée sur une longueur d’un kilomètre.Pour rappel, la décision de créer cette zone-tampon a été prise le 29 octobre 2014 par l’ancien chef du gouvernement égyptien Ibrahim Mehleb suite à une attaque meurtrière contre des forces de sécurité dans la ville de cheikh Zoweid (Nord-Sinaï) le 24 octobre 2014.Zone-tampon: au moins habitations démoliesAux termes de cette décision publiée dans le Journal officiel, la zone-tampon doit être vidée de ses habitants, au besoin par « l’usage de la force » et la « saisie des biens meubles et immeubles » des récalcitrants.La constitution de cette zone, longue de treize kilomètres, a nécessité des opérations de démolition d’habitations et d’arrachage d’arbres. Celle-ci a atteint en 2017 sa largeur maximale de 5 km, rappelle Mada Masr, qui rapporte un bilan officiel publié en 2016 selon lequel ces opérations se sont soldées par la démolition de habitations et l’arrachage de quelque arbres.Le nombre d’habitations démolies jusqu’à la publication de ce bilan provisoire s’élève ainsi à presque le tiers des habitations officiellement recensées dans la ville de Rafah par le gouvernorat du Nord-Sinaï et estimées à dont appartenant à l’Etat et privées.Une frontière strictement contrôléeLes informations sur la réalisation de cette seconde clôture barbelée, censée rendre parfaitement inaccessible la zone-tampon depuis le territoire égyptien, ont été publiées alors qu’en Egypte, la presse gouvernementale et pro-gouvernementale ne cesse de saluer la décision d’Abdelfattah Sissi de maintenir ouvert jusqu’à la fin du mois de ramadan le poste-frontières de Rafah.Fermé officiellement pour des raisons de sécurité, ce point de passage a été ouvert le 12 mai 2018 afin d’acheminer des aides humanitaires vers Gaza et accueillir malades et blessés palestiniens, à un moment où le bilan de la répression israélienne contre la « Marche du retour des réfugiés » s’alourdissait de jour en jour. Jeudi dernier, le président Al Sissi a annoncé qu’il resterait ouvert pendant tout le mois de jeûne.Le passage des frontières entre Gaza et l’Egypte fait l’objet d’une coordination stricte entre le mouvement Hamas, qui gouverne ce territoire palestinien assiégé par l’armée israélienne, et les autorités égyptiennes.La priorité est accordée aux malades et aux blessés et les médias palestiniens publient régulièrement la liste des personnes autorisées à franchir la frontière comme, par exemple, celle-ci concernant la journée d’hier (20 mai 2018).
21 Mai 2018 à 21:27
Les intérêts économiques des Européens en Iran, pays par pays
Le rétablissement des sanctions américaines à l’encontre de l’#Iran, annoncé par Donald #Trump, pourrait avoir des conséquences économiques importantes pour les signataires européens de l’accord nucléaire de 2015. Tour d’horizon des principaux pays concernés.Allemagne L’Allemagne est le premier partenaire commercial européen de l’Iran. Elle a vu ses échanges avec la République islamique progresser depuis 2015, livrant pour 2,57 milliards d’euros de biens en 2016 (+22% sur un an), puis 2,97 milliards l’an dernier (+15,5% sur un an). Berlin y exporte surtout des machines, produits pharmaceutiques et produits alimentaires. Téhéran a de son côté vendu pour 314 millions d’euros de biens en 2016 et 410 millions l’an dernier.Siemens, présent dans le pays depuis 1868, s’était relancé en Iran en mars 2016 en s’associant à l’iranien Mapna dans les turbines à gaz et les générateurs pour centrales électriques, puis avait signé en janvier dernier un contrat portant sur 12 compresseurs pour deux usines de traitement du gaz naturel. Daimler avait de son côté signé dès janvier 2016 des protocoles d’accord avec deux groupes iraniens pour produire et commercialiser des camions Mercedes-Benz.ItalieLes exportations vers l’Iran ont crû en 2016 de près de 30% sur un an, dépassant 1,5 milliard d’euros. En 2017, elles ont de nouveau connu une hausse de 12,5%, à 1,7 milliard d’euros.En janvier, l’Italie avait accordé une ligne de crédit de 5 milliards d’euros afin de soutenir les investissements italiens dans le pays.Si le groupe Eni n’a pas, par prudence, signé d’accord avec Téhéran depuis la fin des sanctions, la société de chemins de fer Ferrovie dello stato italiane en a conclu un pour la construction de deux lignes ferroviaires à grande vitesse. Le groupe de construction navale Fincantieri a aussi signé plusieurs accords de coopération et développement.L’AFP a également interrogé vendredi l’entrepreneur italien Alberto Presezzi, présent en Iran via une société de compresseurs et turbines, et qui se trouvait mercredi à Téhéran afin de “négocier un contrat important” lors d’un salon international.Il a souligné que tout retard ou hésitation côté européen “donnerait un avantage aux autres acteurs, surtout aux Chinois, qui sont très agressifs dans le pays et qui se présentent avec des lignes de financement importantes”.FranceSelon une source diplomatique, les exportations tricolores sont passées de 562 millions d’euros en 2015 à 1,5 milliard en 2017, un niveau proche de celui constaté avant la mise en place des sanctions renforcées. Les importations ont elles explosé, atteignant 2,3 milliards d’euros - leur niveau le plus élevé depuis 2008 - contre 66 millions d’euros en 2015. Depuis l’accord, Total s’est associé au groupe chinois CNPC pour investir 5 milliards de dollars dans l’exploitation du gisement South Pars. Mais pour l’heure, le groupe pétrolier n’y a pas dépensé plus de 100 millions de dollars, selon une source proche du dossier. Le constructeur automobile PSA, qui jouit en Iran d’une part de marché de 30%, a évoqué l’an dernier un accord de distribution pour la marque DS en Iran et des discussions pour d’autres partenariats. Renault vend également ses voitures en Iran.Royaume-UniLes exportations de biens du Royaume-Uni vers l’Iran ont atteint 167 millions de livres (191 millions d’euros) en 2016, un plus haut depuis 2011. Ce chiffre est toutefois bien loin de celui du début des années 2000 quant les exportations pesaient autour de 400 millions de livres. Les importations sont bien plus faibles, à 41 millions de livres en 2016. Peu de grosses entreprises britanniques sont présentes en Iran: BP, dont les origines remontent pourtant à l’Anglo-Persian Oil Company au début du 20e siècle, n’y a ainsi aucune activité. De même pour Royal Dutch Shell, qui a toutefois signé fin 2016 des accords pour explorer la possibilité d’investissements en Iran dans des champs gaziers et pétroliers.Selon Allie Rennison, une responsable de l’organisation patronale Institute of Directors, les entreprises britanniques ont en revanche de gros contrats en Iran dans les infrastructures, le solaire, l’ingénierie ou encore la santé. AirbusLe groupe européen Airbus, qui a des sites en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et en Espagne, a pour sa part enregistré des commandes de compagnies aériennes iraniennes (Iran Air Tour, Zagros Airlines) pour 100 avions au total, dont des A320neo, valorisés à près de 10 milliards de dollars. 
10 Mai 2018 à 12:39
Douze ans après sa mort, où est Saddam Hussein?
Même après sa mort, Saddam Hussein continue de hanter les esprits en Irak.Dans son village natal d’Aouja, le mausolée qui abritait la tombe de #Saddam #Hussein n’est plus qu’un amas de béton et de fils de fer et la dépouille de l’ancien dictateur est introuvable.A l’aube du 30 décembre 2006, premier jour de l’Aïd al-Adha, la plus grande fête du calendrier musulman, l’homme qui tint le pays d’une main de fer pendant un quart de siècle, est pendu.Célébrée parmi les chiites, son exécution fut pour les sunnites, et surtout ceux de son village à 160 km au nord de #Bagdad, une terrible humiliation.Aussitôt après, le président américain George W. Bush accepta personnellement qu’un hélicoptère américain transporte le corps de Bagdad à Tikrit.Le cheikh Manaf Ali al-Nida, haut dignitaire de la tribu des Albou Nasser, dont était issu Saddam Hussein, garde encore précieusement la lettre officielle que sa famille a ensuite dû signer.“Dictateur adoré”Dans ce document, les proches de l’ex-président s’engagent à l’enterrer le soir même et “sans aucun délai possible” à Aouja. Il est mis en terre dans le mausolée qu’avait fait construire de son vivant celui que certains appellent encore “le dictateur adoré”.Chaque année, l’édifice était devenu un lieu de recueillement pour ses proches et partisans.“Il y avait des voyages scolaires et des poètes qui venaient déclamer leurs vers sur la tombe”, raconte à l’AFP Jaafar al-Gharaoui, en charge de la sécurité pour le Hachd al-Chaabi, ces unités paramilitaires formées à l’appel de la plus haute autorité chiite d’Irak pour repousser les jihadistes.Aujourd’hui, de ce lieu richement décoré, il ne reste que des ruines auxquelles nul ne peut accéder sans autorisation spéciale.Autour du mausolée, il ne reste rien non plus des tombes des fils du dictateur, Oudaï et Qoussaï, et de son petit-fils, tués en juillet 2003 par les Américains, ainsi que de celle de son cousin “Ali le Chimique”, pendu pour la mort de milliers de Kurdes.Le Hachd, qui a la garde du mausolée, assure qu’il a été détruit “par l’aviation irakienne” car, selon les responsables de cette formation, les jihadistes du groupe Etat islamique (EI), entrés à Aouja en 2014, avaient posté des tireurs sur son toit et harcelaient les forces irakiennes venues les déloger.Le cheikh al-Nida, lui, ne croit pas à cette version, même si “nous ne savons rien d’Aouja depuis que nous avons dû en partir, contre notre gré”. “La tombe a été ouverte puis dynamitée”.Depuis la chute du dictateur en 2003 puis son exécution après huit mois de chasse à l’homme et d’un procès historique, “nous sommes opprimés car nous sommes ses proches”, assure-t-il à l’AFP, au Kurdistan irakien, où il est désormais installé.“Est-ce normal que nous payions le prix fort sur des générations, parce que nous sommes de la même famille?” s’emporte l’homme, abaya noire jetée sur une longue robe blanche et keffieh sur la tête.Même après sa mort, Saddam Hussein continue de hanter les esprits. Son corps est-il toujours à Aouja? A-t-il été exhumé avant la destruction du mausolée? Qui l’a emporté? Et surtout, qui aujourd’hui sait réellement où se trouve les restes de l’homme qui fit tant parler dans le monde?Toutes les versions circulent, mêlant rumeurs folles et très probablement quelques éléments de vérité.Saddam ou son sosie?Le Hachd pense que “le corps est toujours là”, assure Jaafar al-Gharaoui.Pourtant, glisse un combattant, “certains disent que la fille de Saddam Hussein, Hala, est venue en jet privé à Aouja et a emporté le corps de son père en Jordanie”, où elle vit en exil.“Impossible!” rétorque un professeur d’université qui refuse de donner son nom. “Hala n’est jamais revenue en Irak”, assure cet enfant du pays qui a étudié de près l’ascension puis la chute de Saddam Hussein.Toutefois, affirme-t-il, le corps n’est plus dans le mausolée. “Il a été emporté dans un endroit secret et personne ne sait qui l’a transporté et vers où”, à l’exception sûrement de la famille proche. Mais ces proches, eux, sont muets comme des tombes.Des tombes explosées, il y en a eu d’autres, poursuit l’expert. “Celle du père de Saddam Hussein à l’entrée du village a été dynamitée”, affirme-t-il, ce qui accrédite selon lui la version selon laquelle le mausolée l’a également été.Comment le mausolée a-t-il été détruit? Le corps y était-il encore? Qui le sait? Toutes ces questions qui hantent Aouja intéressent peu dans les rues de Bagdad, où plus de deux décennies de dictature ont laissé des traces.Pour certains le problème est bien plus simple: “Saddam n’est pas mort, celui qui a été pendu est un sosie”, affirme Abou Samer, un habitant de Bagdad.
16 Avril 2018 à 12:09
Yémen: des séparatistes s'emparent du siège du gouvernement à Aden
Des forces séparatistes se sont emparées dimanche du siège transitoire du gouvernement yéménite à #Aden (sud), la deuxième ville du pays, après des affrontements meurtriers avec l'armée loyaliste qui compliquent encore davantage la recherche d'une solution. Les affrontements entre l'armée gouvernementale yéménite et des forces séparatistes à Aden ont fait au moins 15 morts, dont trois civils, et 33 blessés, selon un bilan recueilli par l'AFP auprès de quatre hôpitaux. Le #Yémen du sud était un Etat indépendant avant sa fusion avec le Nord en 1990, et le mouvement séparatiste est resté très puissant. Depuis qu'il a été chassé en 2015 de la capitale #Sanaa par les rebelles #Houthis soutenus par l'Iran, le gouvernement du président Abd Rabbo Mansour Hadi a pour sa part établi sa capitale "provisoire" à Aden. Mais il y est contesté depuis des mois par le mouvement sudiste. L'ancien gouverneur d'Aden, Aidarous al-Zoubaidi, limogé en avril 2017 par M. Hadi, a en effet annoncé en mai 2017 la mise en place d'un Conseil de transition du sud, placé sous sa présidence pour "diriger les provinces du sud et les représenter à l'intérieur et à l'extérieur" du pays. Et les tensions entre les deux parties se sont récemment aggravées: il y a une semaine, le Conseil de transition du sud a publié une déclaration demandant "des changements (...) dans le gouvernement" et donnant à Hadi "une semaine" pour les mettre en œuvre. Cet ultimatum, au terme duquel le Conseil avait menacé d'organiser un sit-in pour "chasser le gouvernement", a expiré dimanche matin. Malgré la présence de forces de la coalition sous commandement saoudien --qui intervient au Yémen depuis près de trois ans en soutien au gouvernement Hadi--, des incidents ont éclaté lorsque des unités de l'armée loyaliste ont tenté d'empêcher des séparatistes d'entrer dans la ville, selon des sources sécuritaires. Dans une déclaration, le Premier ministre du Yémen, Ahmed ben Dagher, a dénoncé un "coup de force" séparatiste et demandé à la coalition arabe emmenée par Ryad d'intervenir pour éviter le chaos. "Ici, à Aden, un coup de force est en cours contre (l'autorité) légitime", a dit M. ben Dagher. "Nous espérons et attendons que les Emirats arabes unis et tous les membres de la coalition (arabe intervenant au Yémen) s'occupent de cette crise qui se dirige vers une confrontation militaire totale. C'est la condition pour sauver la situation", a-t-il ajouté. Les Emirats, qui font effectivement partie de la coalition arabe, ont entraîné et soutiennent une force appelée "Ceinture de sécurité" dans le sud. Or, cette force soutient le Conseil de transition de M. Zoubaidi. Dans l'après-midi, des affrontements à l'arme lourde se poursuivaient dans plusieurs quartiers d'Aden, où écoles et magasins ont fermé dès les premières heures de la matinée, selon des habitants. L'aéroport a aussi été fermé et la ville semblait totalement paralysée. Dès samedi soir, la coalition arabe avait, dans un communiqué publié à Ryad, exprimé son inquiétude et appelé au "calme" et à la "retenue". Elle avait souligné l'importance pour les différents groupes politiques yéménites de "tenir compte de leur responsabilité nationale" pour achever ensemble la "libération" du Yémen et la "défaite des miliciens Houthis iraniens". La coalition avait précisé qu'elle suivait de près la situation "dans la capitale provisoire (Aden) et le débat dans les médias à propos de demandes pour corriger certains déséquilibres" dans la politique du gouvernement Hadi, une allusion aux récentes demandes du Conseil sudiste d'Aidarous al-Zoubaidi. La coalition avait enfin appelé les parties en conflit dans le sud à adhérer au "dialogue" et à éviter la "division" qui "mine les institutions de l'Etat". Le camp rebelle, qui contrôle Sanaa et le nord du Yémen, avait lui-même connu des divisions et des affrontements en décembre lorsque les Houthis avaient tué leur allié, l'ex-président Ali Abdallah Saleh, et évincé ses forces de la capitale. La guerre au Yémen a fait plus de 9.200 morts et près de 53.000 blessés depuis mars 2015 et aucune solution n'est en vue. Selon l'ONU, le Yémen est le théâtre de "la pire crise humanitaire du monde" avec des risques de famine à grande échelle.
28 Jan 2018 à 23:24





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